Comment la Harpe d'Or veut révolutionner les raffineries
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"Sur le marché, 70 % du pétrole est acide. Dans dix ans, ce taux grimpera à 85 %", explique Alain Partouche, directeur général de la holding lyonnaise La Harpe d'Or. Problème, les équipements des raffineries sont inadaptés, car au moment de leur construction, le pétrole était plus doux. Lors du raffinage, et plus précisément au moment de la distillation, cette acidité a des effets néfastes : elle créée des perçages, bouche, déclenche des feux. "Quand une unité est percée, et qu'il faut la réparer, un jour d'arrêt coûte un million de dollars", explique Alain Partouche.
Jusqu'à présent, pour faire face à cette érosion, la seule option est d'insérer des inhibiteurs de corrosion chimiques "mais ils créent des effets collatéraux car ils sont toxiques pour les autres équipements en aval", estime le chef d'entreprise, d'abord spécialisé dans la promotion immobilière puis dans les projets stratégiques du domaine de l'énergie. Dans ce contexte, les raffineries doivent soit refuser le pétrole trop corrosif, soit intégrer ces éléments chimiques.
Pour permettre aux raffineries de faire face à l'évolution de la qualité du pétrole La Harpe d'Or a développé une technologie, Crystal-Guard, protégée par un brevet international obtenu en avril 2017. Le principe ? Injecter de la vapeur d'eau ou des molécules d'eau à certaines étapes de la distillation. A partir de 150 °C - dans ces zones, la température atteint au moins 250 °C - la vapeur créée de l'oxyde et forme une surcouche protectrice à la surface du métal. "Non seulement ce procédé est écologique, mais il est également facile de faire venir de la vapeur d'eau, il n'y a pas d'épandage de produits dangereux et pas d'effets collatéraux", explique Bertrand Szymkowiak, directeur de Wintech Global, dont La Harpe d'Or est l'un des principaux associés. L'idée est de redonner de la valeur à ces pétroles issus d'Amérique Latine et des pays émergents, jusqu'alors vendus moins chers.
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