"On va passer du monde de l'entrepreneuriat à celui de l'intrapreneuriat (Raise France)
Stéphanie Borg
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ACTEURS DE L'ECONOMIE - LA TRIBUNE. Est-ce que l'entreprise traditionnelle est condamnée si elle ne se plie pas au changement ambiant ?
CLARA GAYMARD. "Tout le monde parle aujourd'hui d'Internet des objets (IoT), d'intelligence artificielle, de digital ou de robotique. Or, la réalité du changement n'est pas que technologique. Ce qui est en train de s'opérer, c'est un changement d'attitude, de comportement et de valeurs. Désormais, les entreprises qui marchent, ce sont celles qui partagent, qui sont généreuses et qui embarquent leurs salariés. Il ne s'agit pas de donner des "choses" aux salariés, mais plutôt de les rendre responsables en leur permettant de participer à un destin commun. L'entreprise, en étant généreuse, performe.
GONZAGUE DE BLIGNERES. "On va passer du monde de l'entrepreneuriat au monde de l'intraprenariat. Une entreprise ne peut plus vivre à côté des startups comme une jeune pousse ne peut plus vivre sans l'entreprise. Par exemple, prenez le cas de Socomore, une entreprise bretonne, que nous accompagnons, sous-traitante du secteur de l'aéronautique. Elle vient de construire son nouveau siège social dans lequel le patron a imposé 800 m2 d'incubateurs pour startup, et pas forcément de son métier. Il veut que ses cadres puissent prendre leur café en leur compagnie, les côtoyer. Ces différents mondes sont obligés de se parler : une des idées de Raise, c'est justement de créer des ponts entre les grands groupes et les startups.
Justement, comment favoriser les ponts ? Il ne suffit pas de créer un incubateur pour que le lien se fasse...
CG. On a fondé Raise avec la volonté de faire quelque chose pour notre pays, de changer le monde. Nous nous sommes basés sur une idée très simple : il faut accompagner les entrepreneurs de toutes tailles, investir dans des PME en leur faisant confiance et introduire cette dose de générosité dont je parlais plus haut. De ce fait, nous donnons 50 % de nos bénéfices à Raisesherpas, un fonds de dotation destiné à aider les jeunes entrepreneurs. Il faut revenir à l'idée qu'on a tous un destin commun, qu'on a tous la volonté commune d'apporter le meilleur à la société. Cela ne passe pas forcément par l'observation unique des résultats financiers, comme on l'a trop fait, mais justement par une vision globale de ce qui est possible de faire.
Stéphanie Borg