Wormsensing : la technologie qui permet de rendre les matériaux tactiles
Marie Lyan

Photo d'illustration
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Créée officiellement il y a tout juste quelques semaines, la jeune pousse iséroise Wormsensing, fondée par deux anciens de l'INPG de Grenoble, pourrait déjà à passer à l'étape supérieure. Leur technologie, qui mêle le domaine de l'électronique souple à la microélectronique, se prépare à être embarquée dans de premiers objets sur les marchés de l'automobile, mais aussi des maisons connectées, ou encore des équipements médicaux.
Avec, au menu, un capteur de vibrations embarqué au sein d'un patch collant.
Car contrairement aux capteurs traditionnels embarqués à l'arrière du verre d'un écran, cette technologie repose sur un système de détection des vibrations, capable de fonctionner même en conditions extrêmes, c'est-à-dire lorsqu'un utilisateur porte des gants, ou encore sur une surface soumise à des différences de température ou d'humidité, des dépôts de poussière, etc.
Ses capteurs, allant jusqu'à 10 cm de diamètre, seraient même reliables entre eux, de manière à en élargir la surface de détection.
Grâce à des brevets développés au sein du CEA Leti (et dont elle possède l'exclusivité), la startup a déjà tissé des partenariats avec des industriels. Le plasturgiste Novares a par exemple embarqué deux prototypes de ses capteurs sur les poignées de sa Nova Car#2, en vue de faciliter l'accès au véhicule sans clé, en utilisant la technologie tactile.
Mais afin de passer à la vitesse supérieure, et d'être en mesure de fournir des pièces en plus grande série, Wormsensing devrait clôturer, d'ici le milieu de l'année, sa première levée de fonds de 2 millions d'euros. Avec un objectif : financer la création de sa première ligne de production, qui sera basée à Grenoble, dans les locaux du CEA.
Le fondateur envisage une feuille de route en deux temps, avec une mise en marché de ses capteurs prévue courant 2023 pour le domaine de l'automobile. Les choses pourraient même aller plus vite sur le segment de la maison connectée, où de premiers produits embarquant sa technologie pourraient voir le jour dès 2021.
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Alors que la société compte assurer la production de ses capteurs elle-même, elle travaillera en collaboration avec ses partenaires pour le développement des systèmes de navigation softwares associés.
Alors que le domaine des écrans tactiles reste un marché particulièrement concurrentiel et en pleine expansion, le cofondateur de Wormsensing estime avoir une carte à jouer sur ce marché, où près de 99% des produits seraient encore, d'après lui, réalisés à base de technologie dite « capacitive », embarquée derrière un écran. Et d'ajouter :
Face à des fabricants qui souhaitent améliorer l'expérience de leurs utilisateurs en travaillant sur le design et la fiabilité de leurs produits, le tactile serait donc encore susceptible de prendre des parts de marché. Et ce, dans plusieurs champs : automobile, maison connectée, électroménager, appareils médicaux, industrie...
Si Jean-Sébastien Moulet précise qu'il reste difficile d'avoir des chiffres sur l'ensemble des marchés qui pourraient être concernés par sa technologie, il estime que le marché des systèmes d'accès extérieur aux véhicules représenterait déjà, à lui seul, une enveloppe de plusieurs milliards d'euros à l'échelle mondiale.
Bien que la société ne communique, pour l'instant, aucune prévision concernant son chiffre d'affaires, elle nourrit déjà une ambition : "Devenir, d'ici 5 à 10 ans, le leader des solutions d'accès extérieur sur le marché de l'automobile".
Marie Lyan
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