La startup coopérative montpelliéraine La TeleScop rentre, en mars 2022, dans le capital de DarkSkyLab, bureau d’études toulousain, spécialisé dans l'expertise scientifique de la pollution lumineuse. Pourquoi une entreprise de l’économie sociale et solidaire fait-elle le choix de ce modèle de développement économique ? Son fondateur Bastien Nguyen Duy-Bardakji, et Sébastien Vauclair, le fondateur de DarkSkyLab, s’expliquent. Leur objectif à terme : produire une cartographie de pollution lumineuse de référence.Acteur de référence pour l'étude des impacts de l'éclairage sur l'environnement nocturne, DarkSkyLab a proposé à La TeleScop d'entrer à son capital afin de renforcer une collaboration de longue date sur le sujet de la pollution lumineuse, portée par les deux fondateurs respectifs, Sébastien Vauclair et Bastien Nguyen Duy-Bardakji.
La TeleScop, créée en 2018 à Montpellier, est une société coopérative et participative (Scop) spécialisée en télédétection, cartographie et appui aux politiques publiques. Elle répond aux besoins des acteurs publics et privés en acquisition, production et exploitation de données spatialisées dans les domaines de l'environnement et l'aménagement du territoire. La TeleScop est partenaire de distribution des principaux fournisseurs internationaux de données satellitaires : Airbus (France), Planet (USA), CG Satellite (Chine).
Créé en 2014, DarkSkyLab est un bureau d'études toulousain spécialisé dans l'expertise scientifique de la pollution lumineuse et de ses impacts sur les écosystèmes. Ses deux outils de mesure et de caractérisation de la pollution lumineuse, le moteur de simulation de pollution lumineuse Otus et le système de mesure de la pollution lumineuse en continu Ninox, permettent à DarkSkyLab de proposer des services de diagnostics d'éclairage public et privés afin d'en optimiser l'usage, de protéger l'environnement nocturne et de réaliser des économies sur les dépenses énergétiques.
Sobriété lumineuse
La pollution lumineuse n'est plus, aujourd'hui, l'apanage des astronomes en quête d'un ciel non pollué par l'éclairage produit par l'activité humaine. Sébastien Vauclair, astrophysicien de formation, en explique les enjeux.
« Jusqu'en 2010 environ, cette question de la pollution lumineuse n'intéressait que les astronomes, puis la crise économique est passée par là et on a réalisé que 40% de la dépenses d'électricité part dans éclairage public,rappelle-t-il.La sobriété lumineuse est une source d'économie d'énergie mais aussi d'économie financière. Aujourd'hui, DarkSkyLab propose 70% d'économie aux collectivités en revoyant leur éclairage public. A titre d'exemple, l'éclairage à Toulouse, ce sont 4 millions d'euros de dépense par an... C'est aussi une économie énergétique, or le niveau de pression est énorme sur la biodiversité : toute la vie sur Terre a évolué avec le cycle jour/nuit sur lequel l'Homme interfère, perturbant la faune, la flore et tout ce qui vit sur Terre. Et pas seulement les chauve-souris, puisqu'il faut savoir que 150 insectes meurent par lampadaire et par nuit ! Enfin, il y a également un point de santé publique, l'Homme ayant besoin d'obscurité totale pour bien dormir. »
Extinction de l'éclairage nocturne, pour quel effet ?