Innovation : un professeur de l'université Paul-Sabatier conçoit un vélo solaire ultra-performant

Gael Cérez

Gael Cérez
Fan de rallye moto, c'est au Maroc que Bernard Cauquil, 56 ans, a eu l'idée de concevoir un vélo solaire et de participer au Sun Trip 2015, il y a deux ans. "J'avais quelques scrupules à aller dans le désert avec un engin bruyant et polluant", sourit cet enseignant d'électronique et de mécanique à l'IUT de Tarbes.
Pour se lancer dans l'aventure, il lui faut des partenaires. L'IUT Paul-Sabatier de Tarbes lui ouvre alors ses ateliers où étudiants et collègues lui viennent en aide. Pour le matériel, Bernard Cauquil envoie 250 messages à des entreprises. La seule réponse vient de Suisse où les sociétés Ezee et Clean-Fizz lui fournissent moteur, batteries, et panneaux photovoltaïques, pour un montant total de 1 200 euros.
Sa bicyclette ne ressemble en effet à aucune autre. Quand ses concurrents remorquent des panneaux solaires, Bernard Cauquil optent pour un vélo couché recouvert par un panneau et protégé du vent par une bulle aérodynamique qui lui donne des airs d'habitable d'avion.
Propulsé à la force des jambes et grâce au moteur solaire, le vélo peut rouler 150 km en autonomie. "Sans pédaler, je peux rouler 75 kilomètres à 25 km/h", assure le cycliste. Et comme il lui suffit de 2 heures de soleil pour recharger ses batteries, Bernard Cauquil a pu avaler des étapes de 400 kilomètres sans craindre d'épuiser ses réserves.
Le tout pour un budget global de 12 000 euros pour la conception, la fabrication et la participation à la course.
Après s'être rôdé sur un prototype pendant 5 000 km, Bernard Cauquil s'est élancé sur la ligne de départ de la Solar Tour 2015, une course rassemblant 28 équipages de "jeunes, de vieux, de sportifs et même de malades du cancer", témoigne Bernard Cauquil.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Depuis Milan, les coureurs sont partis vers Brindisi pour passer en Albanie, puis en Grèce et en Turquie jusqu'à Antalya, au sud. Au retour, la course est remontée par la Cappadoce, Ankara, puis la Bulgarie, la Slovénie et le retour à Milan en Italie. "J'y suis arrivé avec deux jours d'avance sur mon plus proche concurrent, le jour où l'avion Solar Impulse s'est posé à Hawaï le 2 juillet", sourit le vainqueur de la course. Tout un symbole.
Invité en octobre au Morroco Solar Festival, un événement dédié au développement durable, pour présenter son vélo, Bernard Cauquil lui donnerait bien une seconde vie.
Alors qu'en agglomération, les trajets moyens sont de moins de 30 km par jour à une vitesse de 7 km/h, la transposition de son vélo en petit véhicule urbain est "facilement imaginable", selon le professeur de l'université Paul-Sabatier. "Plus que Solar Impulse en avion de ligne !", sourit-il avant d'enfourcher son vélo pour rentrer chez lui à Pau, depuis Toulouse. 180 km en 6 h : "Une promenade".
Gael Cérez
Jean-François Zygel : « En musique, l'IA générative est devant un échec »
Aéronautique : front commun de l'Isae-Supaero et l'Enac face à la compétition internationale
Feu dans les moteurs d'avion : la France lance une plateforme unique au monde
Le casino Barrière de Toulouse, premier en France à adopter le contrôle biométrique