Voiture autonome : succès viral pour l'étude d'un chercheur toulousain

Florine Galéron
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bonnefon voiture autonome
Moral Machine

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Moral Machine
En 2016, Jean-François Bonnefon, psychologue spécialisé sur la morale au CNRS et à la Toulouse School of Economics, Azim Shariff (Université de Californie) et Iyad Rahwan (MIT) avaient publié une première étude menée auprès de 2 000 citoyens américains sur les choix moraux liés à la voiture autonome. En cas d'accident imminent, doit-elle privilégier la survie de ses passagers ou celle des piétons ? 75% des personnes interrogées étaient en faveur de la mise en place d'un algorithme qui sacrifierait le passager pour sauver le plus grand nombre. Mais déjà, Jean-François Bonnefon pressentait l'importance du facteur culturel. "L'histoire morale, politique et légale d'un pays va peser sur ces résultats. Les préférences morales varient d'un pays à un autre", nous indiquait-il.
L'équipe de recherche a donc mené une seconde enquête à plus large échelle depuis Moral Machine, une plateforme en ligne permettant de simuler des scenarii d'accidents : faut-il mieux écraser un chien qu'un homme ? Des enfants ou des personnes âgées ? Se sacrifier pour sauver le plus grand nombre ? Et cetera.
Exemple de scénario du projet Moral Machine.
L'étude a également obtenu une reconnaissance scientifique puisqu'elle a fait l'objet d'une publication dans la prestigieuse revue américaine Nature.
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Mais suivant les pays des nuances à ces trois principes sont observées. Les chercheurs remarquent que dans le bloc occidental (à l'exception de la France), les internautes sacrifient davantage les personnes âgées et inversement sauvent plus les femmes. Dans le bloc oriental (qui va du Japon au Moyen-Orient), la préférence accordée aux jeunes est bien moins présente et les habitants sont plus sensibles au respect de la loi (si le piéton traverse au feu vert ou rouge, par exemple). Le bloc sud, qui comprend les pays d'Amérique du Sud, la France (métropole et DOM-TOM) et ses anciennes colonies (Algérie, Maroc...), montre un plus grand attachement au statut social des piétons.
Florine Galéron