Depuis Toulouse, Airbus développe l'orbiteur qui sera chargé de ramener sur Terre les échantillons de roches collectées sur la Planète rouge par le rover Perseverance dans le cadre du programme Mars Sample Return initié par la Nasa. La sonde devra capturer grâce à un rendez-vous spatial autonome une capsule de la taille d'un ballon de basket. Les précisions de Christian Lebranchu, le chef du projet Earth return orbiter.C'est à nouveau un petit morceau de la Ville rose qui rejoindra bientôt Mars. Le 30 juillet dernier, le rover Perseverance était lancé vers la Planète rouge avec à son bord un instrument made in Toulouse sous l'égide du Cnes : la Supercam, une caméra laser équipée d'un micro pour écouter les bruits sur Mars.
Perseverance est la première des trois missions du programme Mars Sample Return initié par la Nasa en partenariat avec l'Agence spatiale européenne. Dans cette première étape, le rover Perseverance va collecter des échantillons de roches qui seront ensuite analysés pour chercher des traces de vie sur Mars. Dans un second temps, en 2026, un rover équipé d'un bras robotisé mis au point par Airbus UK va mettre les échantillons de roche dans la capsule qui sera mise en orbite autour de Mars. Les équipes toulousaines d'Airbus Defence and Space vont intervenir dans la troisième phase du programme en développant l'Earth return orbiter (ERO), la sonde également lancée en 2026, qui sera chargée de capturer puis ramener sur Terre les échantillons.
Repérer une capsule de la taille d'un ballon de basket dans le ciel étoilé
L'opération représente plusieurs défis techniques importants. D'abord, avant d'envisager de mettre la main sur la capsule, l'orbiteur va déjà devoir repérer cet objet qui fera à peine la taille d'un ballon de basket à partir d'une position (d'une précision de quelques kilomètres près) envoyée par le lanceur.
"La caméra embarquée à bord d'ERO sera chargée de détecter la capsule au milieu du ciel étoilé qui va défiler dans son champ, sachant que cette capsule est un objet très faiblement lumineux par rapport à des étoiles ou des planètes", décrit Christian Lebranchu, le chef de projet d'ERO au sein d'Airbus.
Une fois la capsule localisée, un rendez-vous spatial sera organisé entre la capsule et la sonde. "ERO va s'approcher graduellement jusqu'à être assez près pour passer d'une détection optique à une mesure type lidar (laser radar) qui permet de détecter la capsule, de mesurer son encombrement, pour in fine évaluer la distance. La capsule sera ensuite amenée progressivement dans le couloir de capture d'ERO. Ce dernier est composé de la chambre d'accueil de la capsule qui est intégrée dans la charge utile et fournie par la Nasa à notre orbiteur", poursuit l'expert.