- Enquête Hyperloop (1/2) - Dans une interview exclusive à La Tribune, Andres de Leon, le CEO d'Hyperloop Transportation Technologies, détaille l'accord qu'il vient de signer avec le groupe d'ingénierie Altran. La startup californienne va faire appel à 100 ingénieurs toulousains pendant près de deux ans pour accélérer son projet de train du futur, près de quatre ans après avoir implanté son centre européen de R&D dans la Ville rose. Un accord bienvenu alors que beaucoup d'ingénieurs d'Altran sont actuellement en chômage partiel depuis la chute des cadences dans l'aéronautique.Près de quatre ans après avoir annoncé l'implantation de son centre européen de R&D à Toulouse, HyperloopTT dévoile un accord avec Altran pour accélérer ce moyen de transport futuriste qui consiste à projeter par lévitation magnétique des capsules de 50 passagers dans un tube sous vide à très haute vitesse (au moins 600 km/h). Dans un entretien exclusif accordé à La Tribune, Andres de Leon, le CEO d'Hyperloop Transportation Technologies, précise les contours de ce partenariat.
"Altran va investir dans HyperloopTT en nous fournissant les services de 100 ingénieurs qui vont travailler avec nous, pendant 21 mois. Nous sommes la plus grande plateforme de crowdsourcing à travers le monde. Dans notre modèle, les entreprises investissent dans le projet en échange d'equity (d'actions)dans le produit. La plus grande partie de l'accord avec Altran reposera sur ce système de stocks options et par ailleurs nous allons payer Altran en 'cash' pour couvrir certains frais externes que le projet pourrait avoir", précise-t-il.
"Ces ingénieurs seront basés dans une zone spécifique dans les bureaux d'Altran (à Blagnac, près de Toulouse, ndlr). Une partie d'entre eux vont travailler sur l'amélioration de la technologie, les autres seront concentrés sur l'implémentation commerciale du système. Nous devons avancer en matière de SME (Search Engine Marketing), d'industrialisation. Ils travailleront en lien avec nos propres ingénieurs sur l'aéroport de Toulouse-Francazal".
En avril 2018, Toulouse Métropole a accordé un permis de construire sur cette ancienne base militaire pour reconvertir le mess des sous-officiers (un bâtiment de 2560 m2) en un centre de recherche et développement. HTT y fait travailler actuellement 15 salariés permanents et d'autres sociétés innovantes s'y sont installées à l'image d'Aura Aéro. Par ailleurs, HyperloopTT a assemblé à Francazal une piste d'essais de 300 mètres de long pour faire des premiers tests du système de lévitation. Une autre piste d'un kilomètre est en projet.
"Une bonne nouvelle" pour les ingénieurs d'Altran en chômage partiel
Le groupe Altran est, comme toutes les sociétés d'ingénierie, frappé de plein fouet par la chute des cadences dans l'aéronautique. Airbus représentait entre 60 et 70% du chiffre d'affaires d'Altran avant la crise. Avec l'arrêt et la suspension de la plupart des projets, Altran avait annoncé en septembre une réorganisation de ses effectifs dans la Ville rose avec le transfert de 2.000 salariés vers une nouvelle entité baptisée Toulouse Engineering Center (TEC) pour amorcer une diversification de ses effectifs.