« J'ai suivi les 30 minutes du lancement totalement glacé », écrit Olivier Berné. Dans « Destination Orion : voyage à bord du télescope James Webb », publié ce mercredi 30 août aux éditions Dunod, l'astrophysicien toulousain livre dans un style haletant un journal de bord de l'aventure scientifique qui l'a mené à partir à la découverte de « la petite-enfance de notre Univers ».
Autant dire que le stress est à son apogée le 25 décembre 2021 lorsque l'instrument est envoyé en orbite depuis Kourou pour Olivier Berné qui a décidé dès sa thèse (soutenue en 2008) de dédier toute sa carrière au James Webb Space Telescope. « L'émotion d'avoir consacré, avec une certaine naïveté, une grande partie de ma vie à quelque chose qui rassemble l'humanité derrière une quête qui n'a d'autre objectif que de révéler la beauté de la nature, au travers d'un projet qui peut disparaître à tout instant, sur une erreur humaine ou une défaillance technique », réalisera-t-il quelques mois plus tard.
Un pari d'autant plus osé que le chercheur rappelle « les moqueries » autour ce télescope dont beaucoup ont longtemps cru qu'il resterait « une chimère ». Envoyé en orbite après trente ans de développement et avec dix ans de retard, le JWST est devenu « la mission la plus coûteuse de l'histoire du spatial » (l'instrument a coûté près de 10 milliards d'euros à la communauté internationale). Olivier Berné retrace dans son ouvrage aussi le suspens jusqu'au bout pour savoir si le télescope sera opérationnel tant sa complexité rend délicate son déploiement : « Lors de mes études dans le spatial, j'ai appris une règle simple : dans un satellite, il faut absolument qu'il y ait le moins de mécanismes possibles. » Le JWST fait tout l'inverse rien qu'avec les 18 structures hexagonales composant son miroir principal. L'instrument a fait l'objet d'un travail d'orfèvrerie pour le recouvrir « d'une fine couche d'or de 0,1 micromètre d'épaisseur, soit à peine un millième de l'épaisseur d'un cheveu » pour refléter au mieux la lumière infrarouge.