Les artistes aussi font de bons start-uppers

Gael Cérez

Gael Cérez
Une salle de cinéma dans un train, une boite à rêve ou un système de vidéo à la demande spécialisée sur les films non diffusés en France. Mercredi après-midi, les cerveaux ont phosphoré dans les locaux du Grand Builder d'Ekito à Toulouse.
Gens du théâtre, réalisateurs, musiciens, plasticiens, représentants de la DRAC et de la BPI, une trentaine de personnes ont joué le jeu de cette expérimentation organisée dans le cadre de la semaine de l'industrie. Certains étaient venus avec des idées, d'autres sans. Tous ont répondu à un questionnaire permettant d'établir par exemple le nom du produit, sa valeur, ses cibles, son coût et ses revenus. De ce bouillonnement, trois projets ont émergé : une salle de cinéma dans un train, une boite à rêve ou un système de vidéo à la demande spécialisée sur les films non diffusés en France. Suivi par Ekito "depuis peu", ce dernier projet sera accompagné par l'accélérateur.
Cette première à Toulouse s'inspire du forum "Entreprendre dans la culture" organisé à la Gaîté Lyrique à Paris du 25 au 27 mars dernier. Steven Hearn, gérant de la salle parisienne et président fondateur de Scientillo, une agence de développement culturel était présent mercredi à Ekito.
Auteur d'un rapport remis à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti en juin 2014 sur le développement de l'entrepreneuriat culturel en France, Steven Hearn rappelle que "les sociétés culturelles sont isolées, elles peinent à trouver des financements et elles manquent d'outils comme des accélérateurs par exemple".
Parmi les créatifs, un homme en costume cravate observait les débats avec attention. "Je suis venu voir comment ce secteur fonctionne, sourit Jean-François Rémy, de la BPI. Je me suis mis dans la peau d'un start-upper. C'était une journée très pédagogique."
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Depuis le début d'année, la Banque publique d'investissement s'ouvre en effet à l'innovation non technique. "Nous qui finançons l'innovation technologique depuis 1979, nous devons nous forger une approche propre à l'innovation sociale, managériale et culturelle", précise-t-il. La BPI va-t-elle financer des projets culturels ? "La notion de marché est importante car il faut un client payant pour que l'entreprise vive, insiste Jean-François Rémy. Mais, s'il y a une vraie innovation, nous pouvons financer."
La culture financée par la BPI ? Voilà qui ravirait Emily Lecourtois, la président de Ma Sphère, présente mercredi en tant que coorganisatrice de l'événement. Ce cluster regroupant les industries culturelles et créatives toulousaines compte 16 membres à l'heure actuelle. Il milite pour une reconnaissance de la culture comme une industrie à part entière.
Au niveau toulousain, le cluster culturel et Ekito se sont également associés pour développer un incubateur de projets basé sur le parrainage afin de faire émerger les talents créatifs de demain. La président de Ma Sphère lorgne aussi du côté de la French Tech.
À lire également
"On parle beaucoup de créativité pour la French Tech. Mais, je demande alors : Où sont les artistes et la culture ?, s'interroge Emily Lecourtois. Pour l'instant, c'est inexistant. La culture est encore considéré comme le monde des saltimbanques par les acteurs économiques."
Gael Cérez
Jean-François Zygel : « En musique, l'IA générative est devant un échec »
Aéronautique : front commun de l'Isae-Supaero et l'Enac face à la compétition internationale
Feu dans les moteurs d'avion : la France lance une plateforme unique au monde
Le casino Barrière de Toulouse, premier en France à adopter le contrôle biométrique