Areva sous tutelle

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Cette fois, il n'y a plus de doute. Dans le pas de deux que dansent depuis des mois l'État et Areva, le premier a pris l'avantage. Les pouvoirs publics exigeaient du géant public du nucléaire qu'il cède sa filiale de transmission et de distribution d'électricité, T&D, en échange d'un apport de capitaux. L'entreprise n'y était pas favorable, la présidente de son directoire, Anne Lauvergeon, comme les personnels, voyant dans cette activité une source de cash-flows récurrents. La société a dû plier. Il y a beaucoup de raisons à cette immixtion brutale de l'Élysée. Et nombre d'entre elles sont parfaitement légitimes. L'État détient 90 % d'Areva. Il en contrôlera encore 75 % après l'ouverture du capital décidée hier. Ensuite, le groupe a besoin d'argent pour engranger les contrats promis par le renouveau du nucléaire, et l'État y sera de sa poche. Mais, cette fois, les pouvoirs publics interviennent dans la gestion quotidienne de l'entreprise, décidant à sa place des activités ou des participations qu'elle doit vendre. On y retrouve là la marque Sarkozy. La SNCF, sommée par le chef de l'État de rétablir illico sa carte « famille nombreuse », ou La Poste, contrainte d'enterrer son projet de ne garantir la livraison du courrier qu'à J + 2 (et non plus le lendemain du jour où il a été posté), en savent quelque chose. Mais le dossier T&D témoigne aussi de l'incompréhension qui s'est installée entre l'Élysée et Anne Lauvergeon. Il y avait déjà eu leur opposition sourde sur un éventuel rapprochement du groupe public avec Alstom. Mais le dossier était devenu moins prégnant avec la crise. Il y a surtout le différend né du divorce avec Siemens, lorsque le géant du nucléaire a claqué la porte en début d'année. Un ratage que personne n'a vu venir. Depuis, les pouvoirs publics reprochent à la présidente du directoire d'Areva de ne pas les avoir alertés. Anne Lauvergeon rétorque que l'État n'a jamais répondu au souhait de l'allemand de se renforcer à son capital. L'insubmersible « Atomic Anne », comme la surnomment les Anglo-Saxons, paraît aujourd'hui fragilisée.pagay@latribune.frpierre-Angel gay

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