Les débuts de Pôle emploi marqués par des arrêts de travail

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Exit l'ANPE et les Assedic ! Depuis ce matin, les demandeurs d'emploi doivent s'adresser à Pôle emploi, issu de la fusion des deux organismes. Seul problème, certains d'entre eux risquent de trouver porte close. Pour protester contre le rapprochement, cinq syndicats (FO, SUD, la CGT, le SNU et le Snap) ont appelé les agents à des arrêts de travail aujourd'hui. Et ce n'est qu'un début. Jeudi 8 janvier, ces cinq organisations, rejointes par la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC, feront à nouveau grève. Une mobilisation qui devrait être encore plus massive que celle du 1er décembre où 48 % des agents de l'ANPE avaient cessé le travail.Pourtant, les ambitions de Pôle emploi pour ses débuts opérationnels ? sa naissance officielle ayant été actée lors du premier conseil d'administration le 19 décembre ? étaient modestes. Seuls le site Internet (pole-emploi.fr) et la plate-forme téléphonique (39.49) doivent véritablement démarrer aujourd'hui. En revanche, la mise en place du référent unique, qui s'occupera à la fois de l'aide à la recherche d'emploi et de l'indemnisation du chômeur, s'effectuera progressivement à partir de février et jusqu'à la fin de l'année. Et la totalité des 827 agences de l'ANPE et des 642 antennes locales des Assedic devront fonctionner comme guichet unique d'ici à l'été 2009.nouveaux inscritsReste que la pilule de la fusion ne passe pas. À l'origine de cette dégradation du climat social, « l'impréparation, les incohérences et les incertitudes » qui prévalent, selon les syndicats. Avec, en toile de fond, une charge de travail qui devrait fortement s'accroître dans les prochains mois. La hausse record du nombre de demandeurs d'emploi au mois de novembre (+ 64.000 pour les seuls chômeurs immédiatement disponibles, prêts à travailler à plein-temps) et les mauvaises perspectives économiques laissent présager d'un afflux de nouveaux inscrits à accompagner. Et ce n'est pas tout. Dans l'accord conclu fin décembre sur la convention de reclassement personnalisé (CRP) ouverte à toute personne licenciée par une entreprise de moins de 1.000 salariés, les partenaires sociaux ont demandé que les bénéficiaires soient suivis deux fois par mois par Pôle emploi. Et que chaque agent s'occupe de 50 personnes au maximum.Le déploiement de Pôle emploi, confié à Dominique-Jean Chertier, le président, et à Christian Charpy, le directeur général, risque d'être houleux dans les prochains mois. D'autant qu'il leur faudra, en parallèle et dans un délai de quinze mois, mener les négociations sur la nouvelle convention collective. Commune aux 28.547 agents issus de l'ANPE et aux 14.912 ex-salariés des Assedic, elle devra harmoniser des statuts, des systèmes de rémunération et des horaires de travail très différents. Une gageure dans un organisme traditionnellement très syndiqué. A. L.

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