Les États américains suspendus au plan de relance fédéral

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Les gouverneurs américains s'impatientent dans l'attente du plan de relance débattu au Congrès. Sans attendre que le Sénat en adopte sa propre version, certains États ajustent leur budget en fonction de la manne fédérale qu'ils anticipent. Le Missouri vient d'intégrer une injection de 809 millions de dollars dans son budget 2010. Le Maryland a décidé de maintenir des aides destinées à des universités locales car son gouverneur, le démocrate Martin O'Malley, espère que l'État percevra 4 milliards de dollars. Selon le Center on Budget and Policy Priorities (CBPP), faute de coupes claires, de hausses d'impôts ou d'intervention fédérale, 46 États accuseront un déficit pendant leur exercice fiscal en cours ? qui s'achèvera en juillet ? ou du suivant. Ce « think tank » estime que les « déficits combinés pour le reste de 2009 et les exercices fiscaux 2010 et 2011 s'inscriront entre 350 et 370 milliards de dollars ». Des sommes d'autant plus astronomiques que, contrairement au gouvernement fédéral, les États sont tenus de maintenir des budgets équilibrés.Baisse de notation La situation de la Californie est particulièrement critique. Le « Golden State » fait face à un déficit de 47 milliards de dollars pour les dix-sept prochains mois. Or son gouverneur, Arnold Schwarzenegger, avait indiqué que, à compter du 1er février, l'État serait contraint de cesser ses paiements aux entreprises qu'il emploie. Mardi, l'agence Standard & Poor's a abaissé la notation de la Californie de A+ à A, la plus basse parmi les États fédérés.Le Center for American Progress estime que la Californie, l'État de New York et le Texas figureront parmi les principaux bénéficiaires du plan en gestation au Capitole. Proche de l'administration Obama, ce « think tank » évalue à 63 milliards de dollars l'enveloppe que percevra la Californie, dont le parlement ne parvient pas à s'entendre sur des coupes budgétaires, ni sur des hausses d'impôts. Pour autant, Arnold Schwarzenegger se refuse à dresser des perspectives en fonction de l'aide fédérale pressentie, qui a vocation à stimuler l'économie grâce à des investissements ciblés et non à financer les dépenses courantes des États. Le gouverneur a d'ailleurs comparé l'aide évoquée à la « cerise sur le gâteau » d'un budget californien idéalement équilibré.Les élus du parlement de l'État de New York paraissent déterminés à éviter un scénario à la californienne. Alors que le gouverneur, David Paterson, avait prévenu que l'État de New York risquait la cessation de paiements à partir du 31 mars, les élus ont prévu de voter cette semaine des coupes budgétaires et la hausse de taxes afin de combler un déficit de 1,6 milliard de dollars attendu pour son exercice 2009. Mais, compte tenu de la chute des bonus et des pertes accusées à Wall Street, l'État prévoit un déficit de 13,8 milliards de dollars en 2010.Économiste auprès du cabinet IHS Global Insight, Luke Tilley n'anticipe pas d'embellie de la conjoncture dans la plupart des États avant au moins un an. L'expert prévient que, à terme, les quatre États se trouvant dans l'épicentre de la crise immobilière ? Californie, Arizona, Nevada et Floride ? « rebondiront plus fortement que les autres, notamment grâce à leur large population, leur capacité à accueillir de nouveaux habitants et aux projets liés aux énergies alternatives qu'ils attireront ». En revanche, les États manufacturiers que sont le Michigan, l'Indiana, l'Ohio et l'Illinois devraient continuer à pâtir de la désindustrialisation progressive de la première économie mondiale. n

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