Le Premier ministre grec en difficulté

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En septembre 2007, les conservateurs précipitaient le pays dans des élections anticipées pour pouvoir faire passer un budget d'austérité que leur faible majorité à l'époque mettait en danger. Seulement treize mois plus tard, Kostas Karamanlis, Premier ministre grec, veut faire un bis repetita, parce qu'il est rattrapé par les scandales qui font rage dans le pays. Sa majorité très courte - à peine un siège au Parlement - risque en effet de le lâcher à tout moment. C'est que la dernière affaire en date est de taille.Elle porte sur des contrats immobiliers douteux, passés entre le gouvernement grec et l'un des monastères du mont Athos, État théocra- tique semi-autonome et interdit aux femmes. En 2004 le gouvernement grec a " vendu " aux moines du mont Athos deux bâtiments hérités des Jeux olympiques de 2004 et divers terrains, en échange de quoi il a obtenu 8.000 hectares de terres au nord de la Grèce. Officiellement, il s'agissait de " protéger des forêts hors de la juridiction du mont Athos ". En fait, a révélé la presse, le but dela manoeuvre consistait à contourner une interdiction de construire sur des terrains protégés. Principal artisan de cette opération frauduleuse, Giorgos Voulgarakis, ministre dela Marine marchande et âme damnée du Premier ministre, qui a dû démissionner.Pour le procureur chargé de l'affaire il s'agit d'un " hold-up sacré " car le contribuable y perd au moins 100 millions d'euros. Mais le scandale est loin d'être fini : l'opposition exige désormais la démission du porte-parole du gouvernement, Théodore Roussopoulos, ami personnel du Premier ministre, accusé d'avoir servi d'intermédiaire entre le chef du monastère et le gouvernement. Idem pour Petros Doucas, vice-ministre des Finances, soupçonné d'avoir facilité l'ensemble de l'opération. Une enquête est actuellement en cours, le ministre de l'Économie ayant gelé l'échange ainsi que les avoirs du monastère s'élevant à plus de 100 millions d'euros.De leur côté, les moines ont demandé pardon au " pieux peuple grec pour le bruit causé autour de cet échange immobilier " et proposent d'annuler l'échange immobilier. Depuis, une satire circule sur Internet évoquant non pas le " Monopoly " mais le " Monasteropoly sans prison ".

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