Northern Rock rembourse l'État plus vite que prévu

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Et si le plan de secours bancaire britannique était moins cher qu'il n'y paraît ? L'exemple de Northern Rock, nationalisée il y a presque un an, permet d'apporter quelques espoirs. Celle-ci a déjà remboursé plus de la moitié de l'argent qu'elle devait aux autorités. Lors du plan de secours, la Banque d'Angleterre lui avait prêté presque 27 milliards de livres (35 milliards d'euros). Au 30 septembre, elle ne devait plus que 11,5 milliards (15 milliards d'euros).Mieux : Northern Rock est obligée de refuser des clients. Pendant la tempête de ces dernières semaines, les Britanniques se sont rués vers la banque qui est paradoxalement la plus sûre, parce que garantie par l'État. La blague à la City est que tous les gérants de hedge funds y ont ouvert un compte. Résultat, Northern Rock a reçu 3 milliards de livres (3,9 milliards d'euros) de dépôts nets au troisième trimestre. Northern Rock s'étant engagée à ne pas dépasser une part de marché de 1,5 %, pour ne pas profiter injustement de sa nationalisation, elle a été obligée de retirer six produits d'épargne qui attiraient trop les clients. Ce succès apparent est systématiquement mis en avant par Gordon Brown quand il défend son plan de secours, affirmant que les aides de l'État pourraient finalement rapporter de l'argent.SUCCES EN TROMPE-L'OEILMais le succès de Northern Rock est en trompe-l'oeil. La vitesse de remboursement vient avant tout d'une forte réduction de la taille du portefeuille de la banque. Concrètement, elle cède le plus vite possible son portefeuille de créances immobilières à d'autres établissements financiers. Par ailleurs, elle a supprimé 1.500 emplois sur un total de 6.000.Si cette stratégie fonctionne pour une petite banque, cela est beaucoup plus difficile à mettre en oeuvre avec un établissement comme Halifax Bank of Scotland, premier prêteur immobilier britannique. De plus, une réduction de la taille du portefeuille de prêts des grandes banques serait catastrophique pour l'économie. Cela signifierait un assèchement du crédit, alors même que Gordon Brown a imposé comme conditions à son plan de sauvetage que les établissements financiers relancent les prêts aux particuliers et aux PME." Les exhortations officielles pour que les banques recommencent à se prêter les unes aux autres sont également contradictoires avec l'attitude de Northern Rock, qui envoie tout son cash à la Banque d'Angleterre ", note Simon Ward, chef économiste à la société de gestion New Star.En d'autres termes, Downing Street se retrouve face à un dilemme. Choisir une relance de l'économie en laissant les banques le rembourser lentement, ou préférer un retour de l'argent rapidement, quitte à accentuer la récession. Dans le premier cas, c'est mauvais pour le déficit public. Dans le deuxième cas également, parce que les rentrées fiscales ralentiraient. Downing Street devra savoir jongler pour éviter ces deux écueils.

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