Italcementi veut 100 % de Ciments Français

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Réclamée par les investisseurs, la réorganisation de la chaîne de contrôle du cinquième cimentier mondial Italcementi, propriétaire depuis 1992 du numéro deux français Ciments Français, a été actée hier lors de conseils d'administration exceptionnels. Détenu par la famille Pesenti via son holding Italmobiliare, Italcementi va racheter les parts (soit 19 % du capital) des actionnaires minoritaires de Ciments Français au prix de 8,25 actions ordinaires Italcementi pour une action ordinaire Ciments Français. Le cimentier français sera pleinement intégré à Italcementi, « supprimant des doublons injustifiés et permettant une plus grande efficacité dans la gestion », explique-t-on au siège à Bergame. La fusion pourrait être effective à la fin du premier semestre 2009.Le timing est habilement choisi : le titre Ciments Français est à son plus bas depuis des années (autour de 65 euros). « Cette opération se fait sans compromettre notre stabilité financière, précise-t-on à Bergame. La capacité d'investissement d'Italcementi est ainsi maintenue. » Il prévoit d'investir 1 milliard d'euros, dont la moitié dès cette année pour moderniser ses centres de production aux États-Unis, en Italie et en ouvrir d'autres en Inde et au Maroc. À plus long terme, des investissements sont prévus en Bulgarie et surtout en Libye à hauteur de 550 millions de dollars pour y produire 4 millions de tonnes de ciment par an à partir de 2012.La stratégie du cimentier est de compenser le recul de la demande dans les pays industrialisés comme la France et l'Italie par des ventes dans les pays émergents. Le chiffre d'affaires de 2008 (5,7 milliards d'euros) a ainsi été sauvé par la hausse des ventes en Égypte, au Maroc, en Bulgarie et en Inde alors que l'activité baissait de 9 % en Europe occidentale et de 17 % aux États-Unis. D'ici à 2010, les capacités de production en ciment du groupe doivent se concentrer à 60 % dans les pays émergents.Le fonds britannique Hermes avait, il y a un an, fortement mis sous pression les propriétaires d'Italcementi pour qu'ils mettent fin à la complexité de la chaîne de contrôle entre les filiales d'Italcementi. Avec la décision d'hier, ce sera chose faite avant l'été, estime-t-on à Bergame. Le groupe sera coté à la Bourse de Paris et de Milan. Frank Paul Weber, à Rome

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