Une réforme de l'immigration à petits pas

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Si les Mexicains ne se penchaient pas pour ramasser les fraises et couper les laitues, les Américains n'auraient pas de quoi manger. Et même en cette période de crise économique et de hausse du chômage, ces derniers ne souhaitent pas se baisser. Du coup, alors que certains pensaient mort le dossier de la régularisation des quelque 12 millions de clandestins vivant et travaillant aux États-Unis ? après la tentative avortée du président Bush de le porter devant le Congrès en 2007, voilà qu'il ressort des cartons. Grâce au président Obama, d'abord, qui a confirmé la semaine dernière une promesse de campagne, celle d'une réforme complète des textes sur l'immigration, dans le but « de l'organiser et de la contrôler ». Cependant, le dossier étant sensible, à droite comme à gauche, le président est prudent : priorité à l'économie. Ainsi, selon les observateurs, la réforme de l'immigration ne devrait pas donner lieu à un vote avant 2011.recrues potentielles En fait, c'est surtout grâce aux syndicats que le dossier a repris de la vigueur. Les deux plus grandes fédérations américaines, l'AFL-CIO (industrie lourde) et Change to Win (services, y compris agricoles) viennent en effet de signer un accord en vue de le pousser auprès de l'administration Obama. Après tout, la régularisation des clandestins va dans leur sens, puisque ces derniers ont tendance, en raison de leur fragilité, à tirer tous les salaires vers le bas. De plus, alors que la désindustrialisation va bon train aux États-Unis, les salariés régularisés pourraient être autant de recrues potentielles pour les organisations syndicales, qui voient leurs effectifs baisser inexorablement depuis quelques années.Ainsi, les deux fédérations se proposent de mettre sur pied une commission indépendante, qui analyserait les besoins du marché en main-d'?uvre étrangère et ferait des recommandations au Congrès en ce qui concerne les admissions de candidats à l'embauche. Au-delà d'un système efficace de délivrance de permis de travail, elles veulent également une amélioration du statut temporaire accordé à certains salariés, notamment dans le secteur de la haute technologie. Car aux yeux des syndicats, ces derniers sont trop fragilisés par cette situation. Et c'est là que le bât blesse. Si le patronat est, dans les grandes lignes, sur la même longueur d'onde que les syndicats en ce qui concerne la régularisation des clandestins et la gestion des permis de travail ? même si certains sont sceptiques sur l'indépendance d'une commission d'analyse des besoins en main-d'?uvre ?, la plupart des patrons rechignent à abandonner le système des permis temporaires. D'ailleurs, ce n'est pas que dans la Silicon Valley qu'ils sont utilisés. Par définition, ils sont aussi précieux dans l'agriculture, dont les besoins évoluent au rythme des saisons.Lysiane J. Baudu

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