Le sucre grimpe quand l'éthanol chute

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Une des rares matières premières à évoluer en toute sérénité cette année aura été le sucre. Avec une performance de + 7 % depuis le début de l'année, à 11,52 cents la livre hier, le sucre brut prouve qu'il n'est pas soluble dans la crise financière. La demande de sucre est en effet très peu sensible à la variation des revenus des ménages : elle continue donc à progresser alors que l'offre, affectée par des aléas climatiques, a tendance à s'édulcorer. « Les prix du sucre au niveau mondial devraient être soutenus en 2009 par une production un peu faible », affirment les experts de Rabobank. Les grands producteurs mondiaux que sont le Brésil, l'Inde et la Thaïlande et l'Australie ne devraient finalement pas produire autant que prévu. Le Brésil, qui est de loin premier producteur mondial, devrait exporter 32,1 millions de tonnes pour la saison 2008-2009 selon le ministère de l'Agriculture, contre près de 33 millions de tonnes attendues. La récolte de cannes s'est faite sous des pluies diluviennes, qui ont réduit leur teneur en sucre, et contraint les fermiers de laisser une partie de la production dans les champs. Selon l'administration australienne, la production du continent devrait atteindre les 3,337 millions de tonnes d'ici à la mi-2009, contre 3,63 millions de tonnes attendues. C'est la quatrième année consécutive que la production de sucre fond en Australie. biocarburants en reculEt la réforme du régime des subventions du sucre en Europe a eu pour effet de réduire de façon draconienne le sucre européen, les betteraviers se tournant désormais vers les biocarburants pour obtenir une meilleure rentabilité. Un paradoxe en apparence : si l'on en croit les courbes, les cours des biocarburants, qui suivent fidèlement celle du pétrole, se sont effondrés. Aux États-Unis, l'éthanol produit à base de maïs affiche un recul de 43 % depuis son plus-haut du 7 juillet dernier. À 1,67 dollar le gallon, les producteurs d'éthanol voient leurs recettes fondre. Nombre d'entre eux ont d'ailleurs fait faillite, dont certains gros producteurs. Les survivants scrutent l'Opep : une forte réduction des quotas, et la hausse des prix du brut qui s'ensuivrait, leur donnerait un peu de répit. Mais le sort de l'éthanol sera surtout déterminé par le futur président américain. À l'éthanol conçu à base de maïs, Barack Obama préfère a priori le développement de biocarburants de seconde génération, que l'on obtient à base de déchets végétaux. A. R.

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