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Accord SNCF sur les fins de carrière : Bruno Le Maire convoque le PDG Jean-Pierre Farandou pour lui demander « des comptes »

latribune.fr

Publié le 02 mai 2024 à 10:03 - Mis à jour le 02 mai 2024 à 10:50

Le ministre de l'Économie a convoqué le PDG de la SNCF dans les prochains jours.

Le ministre de l'Économie a convoqué le PDG de la SNCF dans les prochains jours.

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Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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Le ministre de l'Économie a convoqué le PDG de la SNCF dans les prochains jours pour qu'il « rende des comptes » après un accord passé avec les syndicats sur les fins de carrière, qualifié jeudi de « pas satisfaisant » et « provocant » par le ministre de l'Economie et des Finances.

[Article publié le jeudi 02 mai 2024 à 12h03 et mis à jour à 12h50] Bruno Le Maire demande « des comptes » à Jean-Pierre Farandou. Le ministre de l'Économie a convoqué le PDG de la SNCF dans les prochains jours après un accord passé avec les syndicats sur les fins de carrière, qualifié ce jeudi de « pas satisfaisant » et « provocant » par le locataire de Bercy.

«J'ai en partie avec d'autres, la tutelle de la SNCF, notamment la tutelle financière. Un accord est signé qui engage effectivement les équilibres de la réforme des retraites et les équilibres financiers de la SNCF. Je n'ai pas été averti», a dénoncé Bruno Le Maire, interrogé sur BFMTV/RMC.

Le 22 avril, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont signé avec la direction un accord sur les fins de carrière des cheminots, une unanimité rare au sein du groupe ferroviaire public qui a permis d'éloigner la menace d'une nouvelle grève des contrôleurs lors des ponts du mois de mai.

L'accord, fustigé par la droite qui l'accuse de contourner la réforme des retraites, prévoit entre autres une amélioration du dispositif de retraite anticipée, en particulier pour les cheminots ayant occupé des postes à la pénibilité avérée. Ces derniers pourront entamer une « cessation anticipée d'activité » 30 mois avant leur retraite avec 15 mois travaillés rémunérés à 100% et 15 mois non travaillés rémunérés à 75%. Pour les contrôleurs, le dispositif est encore plus avantageux avec une cessation d'activité s'étalant sur 36 mois dont 18 mois non travaillés rémunérés à 75%.

« Un sentiment de deux poids deux mesures »

Le ministre a donc convoqué le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou « dans les tous prochains jours » pour qu'il lui « rende des comptes sur cet accord qui donne un sentiment de deux poids deux mesures et qui est très provocant pour beaucoup de nos compatriotes qui travaillent dur et qui ont accepté la réforme des retraites ».

«Je tiens à ce qu'il m'explique comment il finance cet accord qu'il a conclu avec les syndicats sans que nous soyons avertis», a déclaré Bruno Le Maire. «Cet accord n'est pas satisfaisant à mes yeux et il y a eu un dysfonctionnement(...)il pose des problèmes financiers», a-t-il asséné.

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Le ministre a rappelé que l'Etat avait aidé la SNCF à rééquilibrer ses comptes avec 35 milliards d'euros de reprise de dette en 2018 et qu'il était « en droit » de lui demander des comptes.

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Clément Beaune « un peu choqué »

L'ancien ministre des Transports Clément Beaune s'est dit vendredi dernier « surpris » et « un peu choqué » par l'accord sur les fins de carrière trouvé à la SNCF. Cet accord « m'a surpris, un peu choqué », parce que, a estimé le député Renaissance sur franceinfo, « il faut garder dans les entreprises publiques qui reçoivent des soutiens de l'État et des collectivités publiques une forme d'équité, d'esprit d'équilibre, de justice », évoquant également une « exigence d'exemplarité ».

Pour autant, Clément Beaune a jugé « absurde » et « dangereuse » la demande exprimée vendredi par le chef des LR Éric Ciotti de « réfléchir à une forme de privatisation de la SNCF ». Dénonçant « un pur scandale », le président des Républicains a fustigé dans L'Opinion qu'on pérennise « un système déjà injuste exonérant certains de l'effort demandé aux autres ».

De son côté, le, ministre délégué aux Transports Patrice Vergriete, interrogé sur le sujet mardi à l'Assemblée nationale, assurait que « le contribuable ne versera pas un centime pour financer cet accord ». « Il n'y a plus de monopole, plus d'excuse au déficit depuis que l'Etat a repris une fois pour toute la dette de la SNCF - 35 milliards d'euros en 2018. Le client lui aussi est protégé par le jeu de la concurrence. C'est donc en interne, avec des gains de productivité, que la SNCF devra financer cet accord », a-t-il rappelé.

Le 25 avril, Léon Deffontaines, tête de liste PCF aux Européennes, avait salué, à propos de l'accord sur les fins de carrière, « un peu de démocratie sociale dans ce pays ».

Dans un communiqué, la SNCF avait, elle, estimé qu'il s'agit d'« une véritable avancée » pour les fins de carrière des cheminots. « Depuis la mise en place en 2008 du dernier accord en la matière, trois réformes des retraites sont entrées en vigueur et ont impacté l'âge de départ légal des salariés », avait rappelé l'entreprise.

L'accord permet de « compenser en partie les effets néfastes de la réforme des retraites », avait également estimé le secrétaire fédéral de Sud-Rail, Erik Meyer. Les adhérents du syndicat se sont massivement prononcés en faveur d'une signature.

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Un échelon d'ancienneté supplémentaire

De son côté, le PDG de la SNCF avait salué « une première pierre décisive dans la mise en œuvre de notre plateforme de progrès social », le 22 avril. Jean-Pierre Farandou, dont le mandat doit être renouvelé ou non avant l'assemblée générale de l'entreprise mi-mai, a présenté cette nouvelle méthode de dialogue social en février pour répondre à la grève des contrôleurs. Elle vise à aborder des sujets transversaux qui concernent l'ensemble des cheminots, en enjambant les revendications catégorielles.

Outre sa convocation à Bercy, il est appelé à s'expliquer devant la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat mardi prochain pour évoquer les « conséquences préoccupantes de l'accord ».

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D'autres dispositions dans l'accord sont prévues sur le temps partiel de fin de carrière, rémunéré 10% de plus que le temps réellement effectué. La direction a également proposé la création d'un échelon d'ancienneté supplémentaire pour améliorer la rémunération des cheminots en fin de carrière.

(Avec AFP)

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