Immobilier : le neuf frémit, l'ancien

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Alors que s'ouvre aujourd'hui, à Paris, le Salon national de l'immobilier, le marché connaît une évolution contrastée. Après un « annus horribilis » en 2008, l'année 2009 débute sous de meilleurs auspices pour les promoteurs immobiliers qui commercialisent des programmes neufs. « Nous sentons un frémissement depuis la mi-janvier qui ne se dément pas », indique Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC).La profession bénéficie de l'effet conjugué de la baisse des taux d'intérêt, du nouveau dispositif Scellier d'investissement locatif, qui autorise jusqu'à 75.000 euros de réduction d'impôts, et du doublement du prêt à taux zéro dans le neuf, qui bénéficie aux foyers accédant pour la première fois à la propriété (primo-accédants). Les désistements ont été divisés par deux par rapport au quatrième trimestre. Pour autant, Jean-François Gabilla se garde de faire un pronostic en termes de réservations sur l'année, car il est difficile de dire si ces tendances seront durables. « Nos réservations sont en hausse de 5 % depuis début janvier par rapport à la même période de 2008. Mais les biens dont les prix dépassent 3.500 à 4.000 euros/m2 partent difficilement car ils sont souvent conditionnés à la revente d'un premier bien, qui reste difficile », note René Metz, président de BNP Paribas immobilier résidentiel.contraction du créditDe fait, si le neuf frémit, l'ancien continue sa chute. « Le marché de l'ancien fonctionne à 87 % à crédit, rappelle Michel Mouillart, professeur à Paris-X Nanterre et spécialiste du logement. Or le volume de distribution de crédits ne cesse de se contracter [signe de la baisse des ventes, Ndlr] : le recul se chiffrait à 20 % au troisième trimestre 2008 [par rapport à la même période de 2007], à 30 % au quatrième trimestre 2008 et à 40 % sur janvier et février. À Paris, révèle-t-il, la baisse des droits de mutation [improprement appelés frais de notaire, Ndlr] atteint 35 % sur les deux premiers mois de l'année. » « Le marché de l'ancien est complètement atone, confirme Henry Buzy-Cazaux, délégué général de la Fnaim. Les ménages n'ont pas le moral. Les destructions d'emplois et la remontée des défaillances d'entreprises n'incitent pas les particuliers à s'engager sur vingt ans. » En outre, les primo-accédants sont freinés par le fait que les banques exigent de leur part, de manière généralisée, un apport personnel. SOPHIE SANCHEZLes désistements ont été divisés par deux par rapport au quatrième trimestre.

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