PSA rétif à l'interventionnisme de l'État

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cite>Renault s'engage. Mais PSA est beaucoup plus réticent. Le groupe au losange, dont l'État détient un peu plus de 15 % du capital, a bel et bien promis aux pouvoirs publics « de ne pas fermer d'usine dans l'Hexagone ». En outre, « je me suis engagé à ne pas délocaliser. C'est un engagement logique quand on demande l'aide de l'État », a récemment martelé Carlos Ghosn. Le PDG de Renault est devenu très déférent, dans son discours, à l'égard de son actionnaire. En échange de son aide, l'État français n'exclut d'ailleurs pas de monter dans le capital du consortium de Boulogne-Billancourt, dont le japonais Nissan possède également 15 % des actions. Les institutionnels français s'octroient 18 % des parts et les étrangers 40 %. Renault contrôle pour sa part 44 % du constructeur tokyoïte et plus de 20 % du suédois AB Volvo. Chez PSA Peugeot-Citroën, jaloux de son indépendance, on se méfie beaucoup, en revanche, de l'interventionnisme de l'État. D'ailleurs, le groupe de l'avenue de la Grande-Armée met d'emblée les points sur les « i » et prend les devants?: « Nous n'avons pas besoin de recapitalisation, mais nous avons un problème de liquidités à court terme. Les banques pratiquent des taux très élevés et ne souhaitent pas beaucoup prêter au secteur automobile. » Un porte-parole précise?: « Notre principale attente vis-à-vis de l'État, c'est que celui-ci nous permette de nous refinancer à des taux normaux. » C'est tout. La famille Peugeot, aussi discrète que secrète, ne tient absolument pas à ce que le gouvernement entre éventuellement dans son capital. Elle détenait au 30 juin dernier 30,27 % des parts de PSA et contrôlait 44,87 % des droits de vote. La famille ne veut pas non plus qu'on lui dicte de l'extérieur sa conduite en termes de politique industrielle, de dividendes ou de bonus versés aux dirigeants. Voire même qu'on lui donne des conseils de gestion. Chacun son rôle. A.-G.V.

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