Le « partenariat oriental » de l'Europe irrite les Russes

Les Russes ne sont pas contents. Le projet de « partenariat oriental » de l'Union européenne (UE), que la présidence tchèque entend lancer le 7 mai à Prague, les indispose. Ils ne voient pas pourquoi les Européens viennent chasser dans l'espace jadis dépendant de l'Union soviétique et qui reste soumis à leur influence. Ce projet de partenariat concerne de fait six pays de l'ancien espace soviétique (Ukraine, Biélorussie, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan). Promu par la Pologne et la Suède, il vise à accélérer les réformes démocratiques et économiques dans ces pays, à encourager la coopération régionale et à les rapprocher de l'UE, mais il ne prévoit pas de perspective d'adhésion. À mesure que la date du sommet de Prague approche, les Russes s'activent. Ainsi, au cours d'un entretien récent à Bruxelles avec les responsables de la direction générale des relations extérieures de la Commission européenne, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a invité l'Union à tenir compte des intérêts de son pays lors de la mise en ?uvre de ce partenariat oriental. Et d'enchaîner qu'« il est très important d'empêcher la formation de nouvelles lignes de séparation sur le continent européen ». Selon Moscou, en tout cas, le partenariat proposé par l'UE à des pays de l'ancien bloc soviétique peut s'apparenter, pour ces derniers, à un « choix » entre l'Europe et la Russie. Cela concerne notamment « la participation éventuelle de la Biélorussie à ce partenariat », observe-t-on à Moscou, qui gardait secrètement l'espoir que le président de ce pays, Alexandre Loukachenko, longtemps qualifié à Bruxelles de « dernier dictateur d'Europe », ne serait pas invité au sommet de Prague. En pure perte. Vendredi dernier, la présidence tchèque de l'Union a annoncé qu'elle venait d'inviter le président biélorusse à participer au sommet sur le partenariat oriental. Le chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, a cependant indiqué que le président Loukachenko devait encore « décider qui représentera son pays au sommet », suggérant qu'il n'avait pas encore pris de décision pour lui-même, l'Union ayant conditionné la venue à Prague du président biélorusse à des efforts de démocratisation. Les Européens attendaient aussi de voir si Alexandre Loukachenko allait céder aux injonctions du Kremlin ? dont il est l'un des plus proches alliés ? en reconnaissant l'indépendance des républiques séparatistes géorgiennes prorusses d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. La Biélorussie s'est jusqu'ici abstenue d'un tel pas.600 millions de l'ueEnfin, notons que l'Union européenne a décidé d'allouer 600 millions d'euros de crédits, entre 2009 et 2013, aux six pays du partenariat oriental, afin de contribuer à leur stabilisation d'autant qu'ils sont durement touchés par la crise économique. Ces pays bénéficient déjà, Biélorussie exceptée, de fonds dans le cadre de la politique de voisinage de l'Union. La France, qui s'est montrée réticente à approuver ces 600 millions, a fini par céder. Nicolas Sarkozy voulait éviter que le partenariat oriental ne fasse de l'ombre à son « béb頻 : l'Union pour la Méditerranée. Selon une source diplomatique française, Paris ne voulait pas « figer des montants » pour ce partenariat à ce stade et désirait maintenir l'« équilibre » voulant que les fonds destinés aux pays voisins de l'Union soient destinés pour « deux tiers aux pays du Sud, et pour un tiers aux pays de l'Est ». nce partenariat vise à accélérer les réformes démocratiques.

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