Singapour connaît sa plus grave récession

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Malgré l'approche de la nouvelle année lunaire, le 26 janvier, qui suscite généralement une frénésie d'achats en Asie de l'Est, les files d'attente sont maigres cette année aux portes des magasins à Singapour. Tétanisés par la sombre conjoncture, les consommateurs semblent bien partis pour restreindre leurs dépenses cette fois ci. Et pour cause. L'économie de la cité-état pourrait fondre de 2 % à 5 % cette année, après une modeste croissance de 1,2 % en 2008. L'île pourrait ainsi connaître la plus grave récession de toute son histoire qui débute avec son indépendance en 1965. Le scénario est désormais classique : très dépendante des exportations, l'industrie singapourienne (électronique, pharmacie?) se heurte à la contraction de la demande internationale. Les conséquences sur le marché du travail seront très sensibles, avec un triplement prévu des pertes d'emplois en 2009. Le marché immobilier s'enfonce dans la déprime, le prix des logements privés ayant reculé de 5,7 % au quatrième trimestre 2008 comparé au troisième. Et le risque de déflation n'est pas à écarter, les prix pouvant au mieux stagner tout au long de l'année et au pire reculer de 1 %. PressionCes prévisions alarmantes mettent le gouvernement de Lee Hsien Loong sous pression. Il devrait annoncer aujourd'hui des dépenses publiques record dans le cadre de son budget : celles-ci pourraient atteindre 20 milliards de dollars de Singapour (13,3 milliards de dollars américains), soit 8 % du PIB. Rapportées à la population totale, elles représenteraient la somme rondelette de près de 3.000 dollars par habitant, soit 300 dollars de plus que ce que prévoit le plan de relance de Barack Obama. Parmi les mesures prévues, le ministre de l'économie singapourien envisagerait d'apporter 5 milliards de dollars de pouvoir d'achat supplémentaire aux familles et d'alléger certaines taxes. Pour soulager les entreprises, le gouvernement souhaite favoriser la réduction des coûts (il a donné l'exemple en début de semaine en annonçant une baisse des salaires des responsables du secteur public et des ministres).Pour financer ces dépenses, l'état pourrait piocher dans ses réserves (174,2 milliards de dollars de réserves de changes et plusieurs centaines de milliards de dollars via ses fonds souverains) en veillant à ne pas déstabiliser sa monnaie. Le cas de Singapour, première économie de la région à avoir plongé dans la récession dès le début du second semestre 2008, est loin d'être isolé. Le Japon et Hong Kong l'ont rapidement rejoint. Pour l'instant épargnés, la Chine et Taiwan tentent, comme à Singapour, de doper la consommation des ménages en distribuant du pouvoir d'achat. En Asie hors Japon, les plans de soutien budgétaire sont chiffrés à 640 milliards de dollars.

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