Les arriérés de salaire explosent en Russie

L'analyste boursier Pavel Borisov sautait tranquillement d'une banque d'investissement moscovite à une autre au gré des offres de salaires alléchantes. Mais depuis la mi-octobre, il est devenu « expert indépendant » car plus une banque n'a besoin de ses services avant le printemps prochain?Pratiquement toutes les banques russes ont drastiquement réduit leur masse salariale, mais le sevrage ne se limite plus au secteur financier. La crise s'est étendue au secteur réel et de grandes entreprises comme MMK (métallurgie), Razgouliaï (agro-industrie) ou Kamaz (automobile) licencient chacune plusieurs milliers de salariés.Les plans sociaux sucrent systématiquement les primes de ceux qui restent, et les salaires sont rognés sans préavis jusqu'à 30 %? « Pour éviter de nous verser une indemnité de trois mois, on nous coupe des primes qui représentent plus de la moitié de nos salaires, afin de nous pousser à démissionner », explique Maria Voronina, manager chez Beli Veter, sorte de Darty russe. Ne trouvant rien chez les concurrents, elle s'accroche à son poste? En déficit de demande jusqu'à l'été dernier à cause de la forte croissance économique, le marché du travail russe a brusquement basculé vers un marché dicté par les employeurs.Un sondage sorti début novembre montre que 48 % des Russes ont peur de perdre leur emploi dans les trois prochains mois. Un cinquième des Russes affirment qu'un membre de leur famille a été récemment licencié selon l'agence de sondage indépendante Levada Tsentr.Autre conséquence de la crise, les retards de salaire s'accumulent. Des données officielles montrent que ces retards concernent plus de 300.000 Russes, et le chiffre réel va certainement très au-delà. Un sondage de Levada Tsentr avance qu'un salarié sur cinq n'a pas reçu son salaire en temps et en heure.Le gouvernement prévoit de revoir à la hausse les indemnités chômage à partir de l'année prochaine, alors qu'il s'attend à ce que 350.000 salariés perdent leur emploi. Le minimum sera de 24,40 euros par mois (soit 2 euros de plus qu'avant?) et plafonnera à 95 euros. La manne pétrolière n'est décidément pas destinée aux victimes de la crise. 350.000 Le nombre de pertes d'emplois attendues par le gouvernement.

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