Opel a besoin de 7,5 milliards d'euros pour vivre sans GM

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Romaric Godin, à FrancfortOpel veut officiellement prendre de la distance par rapport à GM. Dans le plan de sauvetage présenté hier au conseil de surveillance du constructeur allemand à Rüsselsheim, près de Francfort, la direction a proposé la création d'une société européenne juridiquement indépendante. Un préalable à la survie d'Opel. Cette nouvelle entité regroupera l'ensemble des activités européennes de GM, y compris la marque britannique Vauxhall, s?ur jumelle d'Opel. Il ne s'agira cependant pas d'un divorce complet car le groupe ainsi créé devra continuer à bénéficier des effets de taille et des technologies du géant américain, même si des collaborations avec des tiers ne sont plus à exclure.aide des pouvoirs publicsSelon le président de GM Europe, Carl-Peter Forster, le consortium américain serait aujourd'hui prêt à céder entre un quart et la moitié du capital de ses activités européennes. « Opel sera considérablement plus indépendant qu'aujourd'hui », a-t-il assuré. Cette séparation a été accueillie positivement outre-Rhin. Reste que le but de ce plan est d'obtenir l'aide de l'État fédéral allemand et des Länder. Car les besoins seront immenses et la facture, salée. Selon Carl-Peter Forster, pour redevenir rentable en 2011 dans le cadre d'une prévision de marché « prudente », il faudrait que l'État fédéral allemand ainsi que les Länder injectent 3,3 milliards d'euros dans l'entreprise et GM, 3 milliards. Il faudrait aussi que soient réalisées 1,2 milliard d'euros d'économies d'échelle. En tout, donc, pas moins de 7,5 milliards d'euros seront nécessaires pour sauver les activités européennes du groupe américain.Concernant l'argent public, il pourrait prendre la forme d'emprunts, remboursables en 2014 ou 2015, mais aussi de garanties. Le plan sera transmis au gouvernement allemand lundi, mais, selon le quotidien de Düsseldorf « Rheinische Post », un sommet sur Opel réunissant les responsables fédéraux et ceux des Länder est prévu dès aujourd'hui.la question de l'emploiEn cette période préélectorale en Allemagne et alors que le chômage a bondi en janvier, la question centrale restera celle de l'emploi. Or, Carl-Peter Forster est, lui, resté assez flou sur d'éventuelles suppressions de postes ou fermetures d'usines, indiquant qu'il essaierait de « réduire le plus possible l'impact de la restructuration sur l'emploi ». Aucune décision n'a pour le moment été prise, ni sur la réduction des effectifs, ni sur des fermetures éventuelles d'usines. C'est sur ce point sans doute que, avant de mettre la main à la poche, Berlin demandera des garanties. GM emploie 55.000 personnes en Europe, dont près de 26.000 en Allemagne.

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