La grippe porcine jette un froid sur les Bourses européennes

C'est la dernière chose dont nous avions besoin : une grave épidémie de grippe, alors que le monde traverse la plus profonde crise financière depuis la grande dépression des années 1930. » Le découragement des stratégistes de Royal Bank of Scotland illustrait parfaitement l'état d'esprit des investisseurs, hier, après l'annonce de l'extension de l'épidémie de grippe porcine, qui a déjà provoqué le décès d'une centaine de personnes au Mexique. Un découragement d'autant plus vif que, depuis le 9 mars, l'indice boursier MSCI World avait ? enfin ? rebondi, de 27 %, à la faveur de résultats d'entreprises meilleurs que prévu.plongeonsHélas ! De Paris à Francfort, en passant par Milan et Madrid, les places boursières accusaient hier en séance des chutes comprises entre 1 % et 2,5 %. Des places plombées par les valeurs du transport et des loisirs, les premières à pâtir d'une contraction des déplacements. De fait, l'Union européenne a déconseillé hier les voyages au Mexique et aux États-Unis, afin de limiter les risques de contagion de la grippe porcine. Il n'en fallait pas davantage pour que l'action Air France-KLM décroche de 7,5 % en séance. Ses concurrentes allemande et britannique, Lufthansa et British Airways, n'en menaient pas plus large, avec des plongeons de 9,3 % et de 8 %. Pour mémoire, l'épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), en 2003, avait occasionné 4 milliards de dollars de pertes pour le secteur aérien mondial (lire « La Tribune » du 27 avril 2009). Par ricochet, les cours des tour-opérateurs Thomas Cook et TUI ont perdu plus de 4 %, au cours de la journée d'hier, pendant que le groupe hôtelier Accor abandonnait 6 %.Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, le laboratoire pharmaceutique Roche a vu son titre s'envoler de 4,2 %, et celui de son rival GlaxoSmithKline s'est adjugé 5?%. En attendant mieux, l'antiviral Tamiflu du groupe suisse et le Relenza du britannique, utilisés contre la grippe aviaire, sont recommandés par l'Organisation mondiale de la santé pour lutter contre la grippe porcine. Une maladie qui pourrait faire les beaux jours de Sperian : le cours du fabricant français de masques et autres appareils de protection respiratoire bondissait de 25 % hier après-midi.Mais Sperian et le secteur pharmaceutique sont les deux exceptions qui confirment la règle. « Le Sras avait eu un impact négatif sensible sur la Bourse, alors que la conjoncture économique était plus favorable qu'aujourd'hui », rappelle Justin Urquhart Stewart, responsable des investissements chez Seven Investment Management. C'est dire si les spécialistes sont aujourd'hui bien soucieux. n

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