Les banques, du séisme à la reconstruction
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Les banques européennes sont sorties de l'horreur financière. Les résultats du premier semestre sont plutôt bons (comme les provisions pour les bonus d'ailleurs). Le soutien des États est en passe de devenir un mauvais souvenir : la plupart des établissements financiers déclarent pouvoir s'en passer d'ici à la fin 2010. Quant à la Bourse, elle est euphorique. Depuis le début de l'année, l'indice Dow Jones des valeurs bancaires européennes s'est adjugé 53 %. Il a même gagné plus de 150 % depuis son point bas de début mars.Mais si ce rebond est à la mesure du soulagement des opérateurs de marché ? le système financier ne s'est pas écroulé ?, il ne marque pas pour autant la fin de la crise. Le pire est très certainement passé. Mais de nouveaux défis attendent les banques. Après la tempête purement financière, elles font désormais face à la détérioration de l'environnement économique.Au premier semestre, les activités de banque de financement et d'investissement (BFI) sont redevenues lucratives à la faveur du retour de la confiance. En même temps, la banque de détail a fait preuve d'une certaine résistance et les établissements financiers européens se sont employés à réduire leurs coûts, ce qui leur a permis de compenser la hausse du coût du risque.Mais rien ne garantit qu'elles feront aussi bien dans les mois qui viennent. Les revenus tirés de la BFI sont par nature volatils. Ceux qui sont liés à au financement des entreprises et des ménages sont menacés. Signe des temps : les provisions destinées à couvrir les pertes liées aux défauts des entreprises, des ménages et de leurs diverses contreparties financières ne cessent d'augmenter.taux de défaut en hausseEn juin, dans son dernier rapport sur la stabilité financière la Banque centrale européenne estimait que les banques de la zone euro devraient encore absorber 283 milliards de dollars de dépréciations d'actifs ? liées en majeure partie à des créances douteuses ? en 2009 et en 2010. Les agences de notation s'attendent, elles, à une envolée des taux de pertes sur les prêts aux ménages et aux entreprises entre 2008 et 2009. Toute la question est de savoir si les banques réussiront à générer des revenus suffisants pour compenser les pertes sur le crédit et conserver la confiance des investisseurs. Les résultats spectaculaires publiés par Santander, BNP Paribas ou encore BBVA sont à cet égard encourageants : ces banques ont pu se constituer un coussin confortable pour affronter un deuxième semestre plus difficile. « Le fossé risque de se creuser davantage entre les plus forts et les plus faibles », signale un analyste. Au-delà du trou d'air conjoncturel, deux autres défis attendent les établissements bancaires dans les années qui viennent : le retrait progressif du soutien des États et la mise en place d'un environnement plus réglementé.
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