Joaquim Pueyo, maire (divers gauche) d'Alençon et ancien député de l'Orne, a fait carrière dans l'administration pénitentiaire. Il a notamment dirigé les prisons de Fresnes et de Fleury-Mérogis. Pour La Tribune Dimanche, il explique les conséquences de l'évasion meurtrière du détenu Mohamed Amra. Et analyse les effets de la surpopulation carcérale, à nouveau soulignés dans le rapport annuel de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, publié mercredi dernier.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Deux agents sont morts dans l'attaque d'un fourgon pénitentiaire mardi à Incarville (Eure). Est-ce une faille de l'administration ou une dérive meurtrière des voyous ?
JOAQUIM PUEYO - Les fonctionnaires ont été victimes de la détermination d'un commando. C'est la première fois dans notre histoire qu'une escorte est attaquée avec une telle violence. Par le passé, nous avons déjà connu des évasions, notamment lors de transferts dans des hôpitaux, où des surveillants avaient été blessés. Mais jamais rien d'aussi dramatique. En Normandie, le transport du détenu avait été organisé dans les règles, il n'y a pas eu de faille. Il s'agissait d'une escorte dite de niveau 3, mobilisant cinq agents. Cependant, on aurait pu, compte tenu du profil du détenu, leur adjoindre des agents des Éris [équipes régionales d'intervention et de sécurité]. Le garde des Sceaux a expliqué qu'il faudra renforcer ces escortes. Il existe 50 groupements d'extraction judiciaire en France, chacun devrait pouvoir disposer de véhicules blindés. J'y suis très favorable. S'agissant des armes, l'utilisation de fusils d'assaut par les criminels justifie que le niveau d'armement des équipes soit également renforcé.