Pour Pékin, le Tibet est un prétexte
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On croyait ces coups de menton propres aux vieux dignitaires du Parti communiste chinois de la première génération. Les nouveaux maîtres de Pékin étaient censés apporter une certaine décrispation à la tête d'un régime opaque. Et les experts parlaient déjà de normalisation des relations de la Chine avec le reste du monde. Las. Pékin a offert, en annulant le sommet prévu avec l'Union européenne au motif que le Dalaï-lama rencontrera début décembre plusieurs responsables politiques européens dont Nicolas Sarkozy, le spectacle d'un raidissement anachronique. « La question des droits de l'homme au Tibet est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase des frustrations de la Chine », estime un diplomate, en songeant au refus de l'UE de lui accorder le statut d'« économie de march頻, qui la protégerait à l'OMC, ou encore à l'embargo européen sur les armes. Certains hommes d'affaires occidentaux s'inquiètent déjà pour leurs intérêts en Chine et se souviennent des attaques visant les enseignes françaises là-bas lors du passage de la flamme olympique à Paris. À l'issue de sa visite à Pékin en 2007, Nicolas Sarkozy était revenu avec 20 milliards d'euros de contrats ou d'engagements dans ses valises (Airbus, réacteurs nucléaires, train?). « Les contrats déjà signés ne seront pas remis en cause, mais les autres vont être retardés », explique cet expert, qui songe notamment aux « commandes d'Airbus dont Air China voulait depuis quelque temps ralentir la concrétisation en raison de la baisse du trafic aérien ». Reste qu'entre la Chine et l'Europe, la plus pénalisée par une escalade de représailles commerciales serait la première. L'empire du Milieu affiche un excédent commercial de 160 milliards d'euros vis-à-vis de l'UE, son premier partenaire commercial. De plus, « l'UE lui ouvre l'accès à ses technologies, ce qui n'est pas le cas ni des États-Unis ni du Japon pour les technologies sensibles », rappelle cet expert. Pékin et Bruxelles ne devraient donc pas laisser perdurer longtemps ce coup de froid diplomatique. L. C. et T. d B., à pékin
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