La Fed maintient le cap des taux zéro

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C'était inédit dans son histoire : la Réserve fédérale américaine a réuni hier son premier conseil de l'année privée de son outil traditionnel de politique monétaire, le maniement des taux d'intérêt. C'est donc sans la moindre surprise qu'elle a maintenu la fourchette d'encadrement des taux interbancaires au jour le jour de 0 % à 0,25 %, adoptée à l'issue de son conseil du 16 décembre dernier pour tenter d'enrayer la crise du crédit qui a fait tache d'huile sur l'économie. La politique de taux « extrêmement bas », autant dire de taux zéro, se poursuivra, selon le communiqué publié à l'issue de sa réunion, « pendant un certain temps ». Pour la plupart des économistes, ce laps de temps courra sur l'ensemble de 2009, voire au-delà. Un pronostic qui se fonde sur le diagnostic de la Fed selon lequel les perspectives de croissance se sont encore détériorées et les pressions inflationnistes modérées. Cette situation nécessitera le recours accru aux outils non conventionnels, dits d'assouplissement monétaire quantitatif, qui ont déjà provoqué un doublement du bilan de l'institut d'émission, à plus de 2.000 milliards de dollars. Rachats de titres adossés à des actifs immobiliers et de billets de trésorerie ont contribué à cette création monétaire. Ceux qui attendaient une nouvelle série de mesures chocs sont néanmoins restés sur leur faim. La Fed s'est déclarée prête à acheter directement des bons du Trésor américain à long terme, alors que la mesure qui n'était qu'au stade de l'étude en décembre avait contribué au maintien des rendements des emprunts d'État à des niveaux très bas. Mais on ne connaît toujours ni le calendrier ni le montant du programme de rachat de Treasuries. Il faudra attendre la publication des minutes de la réunion d'hier ou l'audition de Ben Bernanke devant le Congrès mi-février pour connaître la teneur des débats. On l'a constaté hier : dès qu'il ne s'agit plus de l'orientation à impulser aux taux directeurs, la Fed a plus de mal à communiquer.Fed contre trésor. Outre que les mesures non orthodoxes sont techniquement difficiles à expliquer à un large public, la banque centrale, dont l'indépendance en matière de politique monétaire conventionnelle n'est pas contestée, n'est plus seule à la man?uvre dès lors qu'il s'agit de remettre l'ensemble de l'économie sur les rails. Le Trésor américain a un rôle important à jouer, puisqu'il sera le metteur en scène du programme de relance de l'équipe Obama. La FDIC, qui assure les dépôts des particuliers dans les banques et caisses d'épargne, a aussi son mot à dire. La crise a fait perdre à la Fed une part de son pouvoir de mobilisation des marchés au profit d'autres institutions. Hier par exemple, l'attention des marchés s'est détournée de la Fed lorsqu'a circulé l'information indiquant que la FDIC serait chargée par Obama de contrôler la structure chargée de reprendre des actifs toxiques à des établissements en difficulté, surnommée la « bad bank » (lire aussi page 21). n 2.000 milliards de dollars. Le bilan de la Fed a doublé, en raison du recours accru aux outils dits d'assouplissement quantitatif.

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