Européennes  : le PS et l'UMP fragilisés

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C'est un scénario classique des élections européennes. Dans les quinze derniers jours de la campagne, les « petits » partis viennent bousculer les « grands » et réussissent à grappiller de précieux points pour obtenir des députés au Parlement de Strasbourg. La cuvée 2009 s'annonce de ce point de vue prometteuse, et tant à l'UMP qu'au Parti socialiste, on se prend aujourd'hui à espérer une conclusion rapide de la bataille électorale. Car la menace d'un double vote sanction associé à une forte abstention pèse chaque jour davantage sur les deux principaux partis de gouvernement.L'UMP semble moins menacée que le PS, mais le tassement des intentions de vote autour de 26 % est une nette indication du peu d'enthousiasme des électeurs de la majorité, deux ans après l'élection de Nicolas Sarkozy. La crise est passée par là. Le chef de l'État avait rassemblé 31 % des voix sur son nom au premier tour de la présidentielle, notamment parce qu'il avait réussi à capter une bonne partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen. À dix jours des européennes, les sondeurs enregistrent tous une progression du Front national. Mais ils estiment aussi que nombre d'électeurs venus du FN et ayant voté Nicolas Sarkozy en 2007 vont s'abstenir le 7 juin.Pour ces raisons, le président de la République, le gouvernement et l'UMP ont réorienté leur campagne sur des thèmes censés être davantage mobilisateurs : la Turquie, la sécurité et l'immigration. « Chaque famille cherche à mobiliser son électorat, c'est normal », a déclaré Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP.Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on insiste tout de même sur le fait que, si l'avance de l'UMP dans les sondages est confirmée dans les urnes, le parti présidentiel sera alors le premier parti de gouvernement à remporter une victoire dans des élections européennes. Mais le chef de l'État est conscient de la dégradation du climat électoral et n'exclut donc pas d'intervenir une dernière fois dans la campagne, au risque de remobiliser contre lui.Une « OPA en tenaille »Le vote sanction contre Nicolas Sarkozy, c'était l'argument de campagne choisi par le PS, mais qui est en voie de lui échapper. Le parti dirigé par Martine Aubry est passé sous la barre symbolique des 20 % des intentions de vote dans l'enquête TNS-Sofres publiée hier. Et le Modem n'est plus qu'à cinq points derrière, à 14 %, devant Europe Écologie (11 %) et le Front de gauche (7 %). Le socialiste Pierre Moscovici a parlé hier de « l'OPA en tenaille » que tentent sur l'électorat PS « l'attelage hétéroclite du Modem, du Front de gauche et des Verts ? sans parler du NPA ». Et dans l'entourage de la première secrétaire du PS, la panique commence à gagner. Certains redoutent même « un croisement des courbes » entre socialistes et centristes, un scénario noir pour la rue de Solferino. L'heure est donc à la mobilisation générale et le meeting qui a réuni mercredi soir Martine Aubry et Ségolène Royal se voulait le signal du sursaut espéré.Un mauvais score du PS porterait un coup sérieux au leadership de Martine Aubry. Mais, six mois seulement après le désastreux congrès de Reims, un « putsch » interne semble peu probable. La première secrétaire n'est pas vraiment menacée. « J'avance », répète-t-elle en insistant sur la poursuite de la rénovation du parti et de la normalisation des relations avec Ségolène Royal.

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