Excès d'optimisme à la Bourse de Paris
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Avec des bénéfices semestriels réduits de moitié d'une année sur l'autre, les entreprises du CAC 40 ont bien du mal aujourd'hui à justifier leur arrogante santé boursière. À la lumière de la nouvelle batterie de résultats publiés hier, l'indice parisien a terminé sur un gain de 1,22 % lui permettant de frôler les 3.700 points (après les avoir largement franchis en séance) à 3.693,14 points. Il porte désormais à 15 % sa progression depuis le début de l'année mais surtout à 47 % son rebond depuis son plus-bas atteint le 9 mars dernier !Un mouvement dont l'ampleur sonne comme un paradoxe à l'heure où l'économie mondiale ne présente que de timides signes de reprise. En fait, la bonne santé des marchés d'actions et précisément celle du CAC 40 s'expliquent davantage par des éléments techniques que par une forte réalité économique. En début d'année, alors que nombre de spécialistes anticipaient « la fin du monde », les analystes ont fortement revu à la baisse leurs anticipations de bénéfices, réduisant souvent au passage leurs objectifs de cours de moitié. Or, entre-temps, les entreprises ont tout mis en ?uvre pour réduire leur production et leurs coûts afin de préserver leur trésorerie et leur marge. Un phénomène sans précédent qui leur permet aujourd'hui de délivrer des résultats meilleurs qu'attendu et alimente la tendance haussière des marchés. « De même qu'au mois de mars dernier les marchés exagéraient à la baisse, il se peut que l'on assiste aujourd'hui à une exagération à la hausse ! » résume EFG AM dans sa dernière lettre.Au regard d'anticipations de bénéfices trop faibles, des titres comme Michelin, Société Généralecute; Générale ou Accor ? qui se paient respectivement 38,2 fois, 21,5 fois et 28,2 fois leurs résultats attendus pour 2009 ? sont ainsi beaucoup trop chers. Certes, l'indice parisien reste encore à des niveaux inférieurs de 10 à 15 % à ceux de la période pré-Lehman, mais « il se paie désormais 15,1 fois les bénéfices attendus sur l'exercice en cours contre une moyenne de 14 fois ces dix dernières années », lance Pierre Sabatier, stratégiste chez PrimeView. Ce qui fait dire à ce spécialiste qu'à ces niveaux, le marché est bien valorisé. Gaël Vaut
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