Mme Watanabe de retour sur Kabuto-chô
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Les petits porteurs japonais seraient-ils enfin maîtres chez eux?? La hausse spectaculaire des cours depuis trois séances a été en partie déclenchée par leur activité. Un sondage publié jeudi dans le quotidien des affaires « Nikkei » montre que 37 % d'entre eux estiment que c'est le moment d'acheter. Les journaux télévisés du soir montrent des jeunes gens boutonneux collés à la courbe de leurs titres, persuadés que « leur » marché ne peut que se redresser. Cette ruée équivaut à un coup d'État sur une place où les tendances sont dictées par les étrangers, et où les investisseurs individuels sont d'ordinaire les dindons de la farce. « Les spéculateurs individuels ont été une sorte d'institut d'émission de yens pour les acteurs étrangers. Ces derniers donnent le ? la ? sur le marché, et les petits porteurs japonais, face à eux, subissent les variations qu'ils déclenchent. Quand les étrangers vendent, les Japonais achètent, et vice versa », résume un analyste sous couvert d'anonymat. Les investisseurs étrangers disposent d'un tel pouvoir sur les cours car ils détiennent un quart de la capitalisation boursière de Tokyo mais, surtout, parce qu'ils représentent les deux tiers de l'activité.revancheLa proverbiale Mme Watanabe, madone des petits porteurs, a fini par se lasser de se faire gruger et fait désormais de l'absentéisme. En 1949, les investisseurs individuels détenaient 70 % de la Bourse de Tokyo?; ils sont aujourd'hui 25 %. Depuis une semaine, ils tiennent enfin leur revanche, persuadés que les cours ne peuvent que monter. Plus de 80 % des sociétés cotées ont une valeur en Bourse inférieure à leur valeur comptable. Le gouvernement a annoncé qu'il allait soutenir le marché en rachetant des actions détenues par les banques, et qu'il allait multiplier les incitations à investir pour les petits porteurs. Ces derniers entreraient-ils enfin dans l'âge de raison?? Dénués d'expérience, ils investissent avec frénésie, variant en permanence leurs positions à partir de leur téléphone mobile. Pour Kiyoshi Kimura, de l'association des investisseurs individuels du Japon, ils investissent à courte vue, sans études, se contentant de « jouer » les titres populaires. Le « Nikkei », au contraire, considère qu'ils placent leur argent sur des valeurs solides, comme les compagnies d'électricité, les groupes agroalimentaires, des secteurs relativement décorrélés des variations de la conjoncture. Tiendront-ils leurs positions longtemps si le marché replonge??Régis Arnaud, à Tokyo
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