Dégâts politiques

Le monde retient son souffle. Sur le plan diplomatique comme sur celui de l'économie. L'accalmie constatée, de ce dernier point de vue, sur les marchés financiers et sur le pétrole ne doit pas faire illusion. Ce qui va désormais importer, c'est à la fois la façon dont la sortie de cette crise internationale va se dérouler, et le moment de cette sortie. Sur ce dernier point, il ne faut malheureusement pas s'attendre à un miracle : la guerre, car c'est bien de cela dont il s'agit, ne va pas s'arrêter demain, même si, hier, des voix se faisaient entendre pour évoquer des esquisses de solution. Pour au moins deux raisons. La première, c'est que la position des belligérants est tellement exacerbée qu'on voit mal ce qui pourrait calmer le jeu. La seconde, c'est que sur le plan de la diplomatie occidentale, même si tous ont produit des efforts en faveur de la paix, avec une indéniable mobilisation internationale, on sait bien que, dans le fond, les positions divergent profondément. On a vu hier un gouvernement français en première ligne au Liban, et c'est normal tant les liens entre les deux pays sont culturellement et économiquement étroits. On a vu une position européenne enfin plus engagée en faveur de la paix. Mais on sent bien, aussi, une intransigeance américaine marquée. En réalité, seule la mise en place par l'ONU d'une force internationale de sécurité au Liban permettrait d'enrayer le conflit, au moins temporairement. Mais même cette décision fait l'objet d'âpres discussions dans le camp occidental. En attendant, c'est un pays déjà meurtri qui subit à nouveau le triste sort du conflit armé. En marge du drame humain, et au-delà de la stricte comptabilité des pertes provoquées par les bombardements israéliens, c'est tout un effort de reconstruction entamé depuis la fin de la guerre civile il y a dix-sept ans qui a été mis à bas en quelques semaines. Il y avait dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri début 2005 les germes de la situation actuelle. La disparition de la plupart des ténors de la région - le coma d'Ariel Sharon, pour ne citer que le dernier en date - n'a pas fini de produire ses dégâts politiques.

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