Couture + La maison Lapidus sort du rouge et joue l'innovation technologique

Une pluie de pierres précieuses doit s'abattre aujourd'hui sur les mannequins d'Oliver Lapidus qui vont défiler cet après-midi au Carrousel du Louvre. Rubis, améthystes, émeraudes ou topazes royales en impression feront scintiller la plupart des quarante-six modèles de la collection, y compris la robe de mariée : 1,3 kilo de diamants pour 7,50 mètres de tissu... Du végétal - thème de son dernier défilé, ponctué notamment d'un tailleur au romarin ou d'un boléro en coquelicot - au minéral, le « couturier-inventeur » continue de jouer les apprentis sorciers. Des débouchés commerciaux. « A terme, la maison Lapidus pourra autofinancer sa haute couture, dont chaque présentation coûte en moyenne 4 millions de francs, grâce à ses innovations techni-ques », assure son directeur artistique, qui a déposé pas moins de cinq brevets, en association avec son président, Jacques Konckier, et du peintre-sculpteur Michel Bordage. Ce dernier s'attache depuis trois ans à trouver des applications, voire des débouchés commerciaux aux nouvelles technologies expérimentées par le couturier. A l'en croire, les « biofibres » mises à l'honneur en janvier ont conquis des sociétés telles que Kookaï, les 3 Suisses ou bien Hermès, intéressées par le concept de thérapie douce. Autre trouvaille, la « machine à coller » - présentée il y a deux ans - devrait être mise sur le marché en septembre, avec comme clients potentiels Décathlon, Bertrand Faure ou encore Playtex et Dim. Quant au chimiste Akzo Nobel, qui veut tester l'influence des minéraux sur le traitement de surface, il a financé à hauteur de 250.000 francs la collection de l'hiver 1997-1998. « Nous avons tenté d'obtenir le concours de De Beers... en vain », confie Olivier Lapidus, qui, pour les « recherches » liées à chacune de ses présentations, recueille l'équivalent de 1 million de francs d'organismes publics ou privés. Finances redressées. Mais la maison Lapidus, reprise fin 1995 à titre personnel par Jacques Konckier, patron du groupe de parfums et cosmétiques Jacques Bogart, ne se contente pas de miser sur le « high tech » pour poursuivre sa relance. Son président peut se satisfaire d'avoir redressé les comptes d'une griffe qui, dans le giron d'Altus, filiale du Crédit Lyonnais, affichait 170 millions de pertes cumulées sur trois ans. « Sur 1996, la société est quasiment à l'équilibre et elle devrait dégager des profits d'ici à deux ans », indique-t-il. Car la galaxie Lapidus, qui comprend la haute couture, les licences Ted Lapidus dans le prêt-à-porter (vingt-deux boutiques en franchise dans le monde) ou les parfums (lesquels ont généré l'an dernier 30 millions de francs de royalties, sous la houlette de Jacques Bogart), ne cesse de s'agrandir. Pour preuve, le lancement de la première ligne de prêt-à-porter griffée Olivier Lapidus, plus haut de gamme que la marque « paternelle », et complément indispensable de la couture. A Paris, elle dispose depuis le mois dernier d'une boutique phare, rue du Faubourg-Saint-Honoré, qui devrait réaliser l'an prochain de 25 à 30 millions de chiffre d'affaires. D'autres ouvertures sont prévues à Taïwan, Hong Kong, Moscou ou Djakarta. « Notre objectif est d'avoir douze boutiques en propre dans les cinq ans », précise Jacques Konckier, dont le groupe envisage sérieusement de mettre Lapidus fils au parfum. Nathalie Hamou

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