Aides + Bruxelles accorde un répit à la France pour son plan textile

Trêve estivale pour le plan textile français. La Commission vient d'accorder à Paris un répit d'environ deux mois pour son plan d'allégement de charges en faveur de la filière textile-habillement, de la chaussure et du cuir. Cette décision fait suite à une rencontre organisée vendredi à Bruxelles entre Karel Van Miert, commissaire européen chargé de la concurrence, et Christian Pierret, secrétaire d'Etat français à l'Industrie, qui a fait savoir que des propositions seraient transmises à Bruxelles à la rentrée. C'est-à-dire à un moment charnière marqué par la tenue de la conférence sur les salaires, l'emploi et la réduction du temps de travail. Un coût élevé. Pour la nouvelle majorité, qui n'a pas encore arrêté sa position sur ce dispositif condamné par Bruxelles en raison de son caractère sectoriel, la voie est étroite. Déterminé à maintenir le « plan Borotra », qui prévoit un allégement de charges de 2,1 milliards sur dix-huit mois sur les bas salaires en échange du maintien de 35.000 emplois et de l'embauche de 7.000 jeunes, l'ancien gouvernement négociait en effet l'élargissement du dispositif à d'autres secteurs industriels à fort pourcentage de bas salaires. Seul problème : cette généralisation prônée par Jacques Barrot, alors ministre chargé des Affaires sociales, coûte environ 40 milliards. Un prix que le nouveau ministre de l'Economie n'est manifestement pas prêt à payer. Devant la commission des Finances de l'Assemblée, Dominique Strauss-Kahn a toutefois souligné que l'hypothèse d'un remboursement des charges non versées par les entreprises était inacceptable (La Tribune du 3 juillet). Pour marquer le coup, Christian Pierret a d'ailleurs avisé Karel Van Miert que la France entendait faire appel de la condamnation de Bruxelles, en saisissant la Cour de justice du Luxembourg. Mais, sur le fond, le gouvernement semble aussi peu désireux d'étendre à d'autres secteurs le plan textile que de rembourser les aides. Aussi étudierait-il d'autres pistes, parmi lesquelles la réduction du temps de travail, comme préalable aux allégements de charges. Débat. Dans le cadre du plan « Borotra », l'argument n'est pas nouveau... même s'il n'a finalement pas fait partie du « donnant-donnan». Est-il de nature à convaincre Bruxelles ? Pas sûr. L'an dernier, la Commission avait estimé que le plan français visait en fait à compenser des surcoûts liés aux aménagements du temps de travail souscrits par les branches professionnelles concernées. Les organisations patronales de la filière textile sont donc une nouvelle fois placées dans l'expectative. « Quand le ministre de l'Economie évoque le chiffre de 40 milliards, cela correspond à une extension systématique de la mesure. Mais, élargie aux seuls emplois industriels à forte densité de main-d'oeuvre, la facture ne se monte qu'à 6 à 8 milliards », relève Georges Jollès, président de l'UIT (Union des industries textiles), qui se déclare impressionné par les résultats du « plan Borotra». A l'en croire, ce dispositif, mis en place voilà tout juste un an, a permis de stabiliser les effectifs du textile au cours du second semestre 1996, alors que le secteur perdait annuellement 10 % de ses emplois - et même d'augmenter ses rangs de 0,3 % à fin mars, pour la première fois en l'espace de quinze ans. « Si le gouvernement décidait de supprimer cette mesure, cela se traduirait par des pertes d'emplois équivalentes à la fermeture de dix Vilvorde », poursuit ce responsable. Soit 30.000 emplois. N. H.

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