Armement + La DCN espère une autre commande de plate-forme pétrolière de Schlumberger

La Direction des Constructions Navales (DCN) mène une nouvelle négociation avec le groupe de services pétroliers Schlumberger. Son site brestois (3,6 milliards de francs de chiffre d'affaires, 5.400 salariés) transforme déjà pour Schlumberger une plate-forme d'exploration pétrolière, la Sedco 707. Cette fois, la DCN Brest tente d'emporter auprès de ce client la construction d'une nouvelle plate-forme au concept novateur, la Sedco Express. Il s'agirait d'une plate-forme semi-submersible ultra-légère, destinée aux mers calmes, tropicales, au large de l'Afrique par exemple. Coût du projet : entre 600 millions et 1,2 milliard de francs. La DCN espère que Schlumberger, qui devrait se décider en 1998, aura pu, lors de la transformation de la Sedco 707, juger de la qualité de son travail et de son respect des délais. Un bel essor. Ce chantier est impressionnant. Logée dans l'une des plus grandes cales sèches d'Europe (440 mètres de long, 80 mètres de profondeur, de la chambre de commerce brestoise), la plate-forme avec de nouveaux moteurs, équipements et même structures sera capable d'opérer en eaux profondes jusqu'à 2.000 mètres (au lieu de 450 mètres). Après vingt ans passés pour BP en Mer du Nord, la Sedco 707, transformée, va être remorquée, en septembre-octobre, jusqu'au large du Brésil pour la société pétrolière nationale Petrobras pour une durée de cinq à dix ans. Ces travaux représentent 430 millions de francs dont 150 millions pour la DCN (qui en récupère 40 %) et ses trois cotraitants, le groupe brestois Bastide, la Sobrena et la Snef. Le chantier mobilise jusqu'à 800 personnes en même temps dont 200 de la DCN. Cette dernière réussit là son premier chantier de diversification. Elle espère, avec de nouvelles plates-formes, transformer cet essai. D'autant que ce marché est promis à un bel essor avec dans le monde 130 plates-formes semi-submersibles, âgées de vingt ans en moyenne, qu'il va bientôt falloir moderniser ou remplacer. Or, si les chantiers navals capables de réaliser de tels travaux sont nombreux dans le monde, les facteurs technicité et proximité sont essentiels. Et, comme on le remarque chez Schlumberger, Brest n'est pas loin de la mer du Nord. Un enjeu crucial. Pour la DCN, qui souffre de la baisse des crédits militaires, l'enjeu est crucial. A Brest, où 1.700 postes sur 5.400 pourraient être supprimés après la construction du nouveau porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle et du TCD (transport de chaland de débarquement Sirocco) qui doivent être achevés en 1998, le plan de charge est vide jusqu'à l'arrivée du troisième TCD en 2001. A moins que le gouvernement ne décide de lancer le BIP, bâtiment d'intervention polyvalent, que guigne la DCN. Olivier Provost, à Brest

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