Le nouveau patron de Siemens veut aller vite

Peter Löscher se donne cent jours avant de faire à l'automne des propositions pour simplifier Siemens. " Notre objectif est de mettre en place des structures de responsabilité claires, plus de transparence et une meilleure réactivité ", a indiqué son nouveau patron, hier, à Berlin, lors de sapremière conférence de presse, quatre jours après avoir pris officiellement ses fonctions. Malgré la complexité de Siemens, le premier président qui vient de l'extérieur veut donc aller vite pour insuffler une nouvelle " culture de direction ". Le président du conseil de surveillance, Gerhard Cromme, ne lui a pas laissé le choix, indiquant dans la presse, ces derniers temps, que le groupe avait besoin d'un nouveau rythme, et rapidement.SIEMENS NE SERA PAS " ­GENERAL ELECTRISE" Pas de temps à perdre donc pour l'Autrichien qui a été nommé il y a tout juste un mois et demi. Installé dans la capitale bavaroise il y a dix jours, l'ancien numéro deux du laboratoire américain Merck est un habitué des changements. Après avoir fait ses études à Vienne, il est parti à Hong Kong compléter ses études de gestion avant de terminer par un MBA à Harvard. La bougeotte, il l'a eue aussi dans sa carrière, puisqu'après avoir débuté chez un conseiller d'entreprise allemand, il est entré chez Hoechst, à Francfort, avant de partir dans une filiale du chimiste en Espagne, puis aux États-Unis, comme vice-président de Hoechst Roussel Agri-Vet. Il s'est vu confier ensuite, sous le président du groupe, Jürgen Dormann, la stratégie et a préparé la cotation à la Bourse de New York et la fusion avec Rhône-Poulenc. En 2002, Peter Löscher arrive chez le concurrent de Siemens, le fabricant de matériel médical Amersham que reprend juste après General Electric. En 2004, il fait son entrée au directoire du groupe américain. Il est le premier européen à en faire partie. Autant dire qu'il a eu le loisir d'étudier Siemens. Car il ne cache pas que le concurrent américain a toujours suivi de près la stratégie du groupe allemand. Au moment où son prédécesseur Klaus Kleinfeld a été nommé, le directoire de GE s'était même fait présenter une étude détaillée sur les conséquences à attendre de l'arrivée du nouveau président. Pour lui visiblement, Siemens est plus innovateur, mais GE sait mieux vendre. " Je ne veux pas "­général électriser"Siemens ", ont toutefois été ses premiers mots publics la semaine dernière.Peter Löscher sait parfaitement que tout le monde ne l'attend pas les bras ouverts. Ils sont nombreux chez Siemens à être persuadés qu'un patron venu de l'extérieur n'a aucune chance tant l'organisation est complexe. Pas étonnant qu'une de ses cinq priorités soit de la simplifier, ce qui devrait notamment entraîner un allégement du directoire aux fonctions de base. Mais ancien capitaine de l'équipe de volley-ball autrichienne, il sait qu'il lui faut compter sur l'appui de ses collègues du directoire et des puissants barons des dix divisions pour avoir une chance. Plus éloquent que son prédécesseur et s'exprimant avec ses bras pour convaincre, il ne parle jamais à la première personne du singulier, préférant chaque fois le nous. La personnalisation de la fonction le gêne même, rapportent ceux qui commencent à le côtoyer. Un style nouveau pour Siemens habitué depuis Heinrich von Pierer à être confondu à son président. Ouvert et direct, Peter Löscher sait toutefois ce qu'il veut.RENCONTRE AVEC ANGELA MERKELSans équivoque, il a bien indiqué hier qu'une de ses préoccupations allait être de changer la culture Siemens pour que des affaires de corruption ne puissent plus se produire. Mais il est conscient qu'il s'agit d'un " marathon ". Pas sûr non plus que le groupe à l'avenir conserve le même visage avec ses dix divisions. Sa première décision devrait être de proposer, lors dela prochaine réunion du conseilde surveillance le 25 juillet, de lancer, parallèlement à l'introduction en bourse de sa filiale d'équipements auto VDO prévue en septembre, une procédure de cessionpour répondre à une offre fermealléchante.Mais Peter Löscher va auparavant faire le tour des marchés clés et notamment après l'Autriche, la plus grosse filiale étrangère européenne, de la Chine, l'Inde, le Japon, la Russie et du Moyen-Orient. Hier, il a déjà rencontré la chancelière, Angela Merkel, et a été introduit dans le cercle des patrons allemands, réunis pour la conférence annuelle sur la gouvernance d'entreprise.

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