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François-Henri Pinault redessine l'empire de son père

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Publié le 26 septembre 2008 à 03:33 - Mis à jour le 26 septembre 2008 à 03:33

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Il a commencé par se défaire du Printemps en 2006. Il a continué en rachetant Puma l'an dernier. Il a poursuivi en janvier en annonçant coup sur coup la cession d'Yves Saint Laurent Beauté et le futur désengagement de Surcouf... Pierre après pierre, François-Henri Pinault imprime sa marque sur l'empire que lui a confié son père en 2005 (17,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2006 pour un bénéfice net part du groupe de 679 millions). Il poursuit ainsi la logique imprimée par François Pinault depuis ses débuts dans le négoce de bois, en 1962, et qui veut que le groupe se renouvelle en permanence, se défaisant de métiers entiers pour investir dans des secteurs potentiellement porteurs de davantage de croissance. Solidement installé dans le fauteuil de patron, " l'héritier " fait démentir l'adage qui veut que la première génération crée et que la deuxième gère.À 45 ans à peine, il a gagné ses galons d'entrepreneur en montrant qu'il savait aussi bien vendre qu'acheter. Lorsqu'il a décidé de sortir en 2006 du métier vieillissant des grands magasins, avec la cession du Printemps acquis en 1992, il a même fait disparaître l'initiale qui était au centre de l'acronyme PPR. Cette cession a coïncidé avec d'autres petits désengagements dans la distribution (la chaîne de lingerie Orcanta, le réseau Fnac Services, le spécialiste des chèques-cadeaux Kadeos) et va se poursuivre avec la vente annoncée du distributeur informatique Surcouf. Parallèlement, François-Henri Pinault a créé la surprise en s'emparant de Puma, le petit bijou du secteur du sport devenu une icône de la mode branchée. Autant de mouvements qui lui ont permis de prouver qu'il avait bien la fibre Pinault, sans pour autant avoir à " tuer le père ". Il est vrai que le patriarche, qui continue à mener des offensives industrielles via son holding Artémis , lui laisse le champ libre, même si père et fils discutent fréquemment stratégie. Héritier pressenti depuis sa sortie d'HEC, le jeune François - qui a ajouté son troisième prénom, Henri, pour se distinguer de la figure paternelle ­- en a profité pour acquérir son autonomie. Reste que, s'il fait évoluer sensiblement la physionomie de PPR, le jeune PDG n'a pas encore accompli le coup d'éclat qui l'installerait pour de bon comme un grand capitaine d'industrie - à l'image de son père s'emparant de Gucci à la barbe de LVMH. Il sait pourtant où les marchés l'attendent : dans le recentrage du groupe sur ses activités de luxe (Gucci, Bottega Veneta, Boucheron, Balenciaga, Alexander McQueen...), au détriment de sa branche distribution (Fnac, Conforama, Redcats...). Le décalage entre les performances des deux activités ne cesse de se creuser. Au premier semestre 2007, le pôle luxe, regroupé dans Gucci Group, a réalisé 19,2 % du chiffre d'affaires de PPR, mais 44 % du résultat opérationnel courant. Et, malgré le redressement marqué de la Fnac, les marges du luxe dépassent de loin celles de la grande distribution.STRATEGIE DE BIPOLARISATIONOfficiellement pourtant, François-Henri Pinault s'en tient à sa stratégie de bipolarisation. Contre vents et marée, cet homme courtois et réservé répète qu'il veut maintenir le double ancrage de PPR : un pied dans les " mass markets ", qui évoluent sur des marchés stables et matures, un pied dans le luxe, un secteur plus rentable mais " très volatil et qui s'appa rente à un marché de niches ", comme il le dit lui-même. Que ce choix confère au groupe une image de conglomérat, sanctionnée par une décote en Bourse, ne semble guère le troubler.INTERET POUR LA BIJOUTERIE- JOAILLERIEBreton par son père, d'origine irlandaise par sa mère, François-Henri Pinault en a hérité une propension à tracer sa route avec obstination. Il l'a d'ailleurs prouvé lorsque, au cours du parcours initiatique que lui a imposé son père au sein du groupe, il a pris les rênes de la Fnac en 1997. Un poste très exposé, à la tête d'un " agitateur culturel " rebelle par tradition, qui attendait le fiston de pied ferme en lui prêtant des intentions de coupeur de têtes. Il s'en est bien sorti, doublant le chiffre d'affaires de l'enseigne en trois ans et la lançant à l'assaut de l'international.Aujourd'hui, pourtant, l'enjeu est plus lourd. François-Henri n'ignore pas que Gucci Group doit impérativement croître pour se hisser au niveau de ses deux grands rivaux, LVMH et Richemont. Ce n'est pas un hasard sans doute s'il a récemment laissé filtrer son intérêt pour la bijouterie- joaillerie. Un segment du luxe qui connaît une formidable expansion, et où PPR ne détient que Boucheron. Et presque un passage obligé pour ce passionné de montres.ParcoursNé en 1962 à Rennes, François-Henri Pinault, diplômé de HEC, a fait toute sa carrière à partir de 1987 dans le groupe fondé par son père. Après avoir exercé diverses responsabilités dans les principales filiales (industrie du bois, CFAO, Fnac), il est nommé en 2000 directeur général adjoint de PPR. Il se voit confier en 2003 la présidence de la holding familiale Artémis. Il devient en 2005 président du directoire de PPR, puis PDG, lorsque le groupe prend le statut de société à conseil d'administration.

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