Thales rêve d'accéder au club fermé des très grands groupes

Pour Thales, 2008 devrait être une année importante. Si son PDG, Denis Ranque, s'est réjoui des résultats en 2007 - le cap des 12 milliards de chiffre d'affaires a été dépassé comme prévu -, il n'en demeure pas moins qu'il reste fortement titillé par un défi majeur dix ans après avoir été nommé à la tête de Thales : celui d'appartenir au club très fermé des groupes aéronautique de plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Ce qui lui permettrait d'obtenir la pérennité pour son groupe, loin des appétits récurrents de son rival EADS. Pour réussir, il doit obtenir de l'Élysée le feu vert pour se rapprocher de Safran. Si officiellement le dossier a été mis en veille à la fin de 2007, il continue de trotter dans son esprit. Denis Ranque doit aussi lever les réticences du président du directoire de Safran, Jean-Paul Herteman. Ce qui pourrait être fait en proposant à Safran une opération sensiblement différente, voire d'égal à égal." DES ACQUISITIONS EN 2008"À défaut d'un big-bang, les deux groupes continuent de regarder ensemble certains dossiers, dans la défense, notamment dans l'optronique, et dans la sécurité. Le premier dossier les conduirait à créer une société commune qui regroupera les actifs dans ce secteur. Il est même poussé par les opérationnels des deux groupes, d'autant que les deux partenaires se sont aperçus, après avoir étudié l'opération, que les activités des deux étaient plutôt complémentaires.Dans la sécurité, Safran et Thales discuteraient ; mais le groupe aéronautique semblerait plus favorable à une alliance avec Oberthur. Safran a ouvert une usine à Bangalore (Inde) pour produire dans un premier temps 100 millions de cartes à puce, puis 200 millions à terme. Mais Jean-Paul Herteman reste prudent. " Il n'y a rien de spécifique avec Oberthur mais la recherche de la taille critique est à considérer. "Thales devrait aussi regarder le dossier de l'espace avec le groupe italien Finmeccanica avec lequel il a deux joint-ventures. L'électronicien s'interroge sur le fait de rester dans la société de services dans laquelle il ne possède qu'un tiers du capital. Et puis, il y a la croissance externe. " Nous aurons les moyens d'effectuer des acquisitions en 2008, notre position en cash nous laisse davantage de marge de manoeuvre qu'à la même époque de l'année dernière, a fait valoir hier Denis Ranque. Nous ferons des acquisitions quand elles procurent des synergies importantes. " Les trois principaux secteurs sur lesquels Thales est présent (aéronautique, défense et sécurité) peuvent être concernés, selon lui. L'électronicien reste solide, les prises de commandes ayant été supérieures pour la troisième fois de suite au chiffre d'affaires. En dépit de deux contrats attendus en vain de la part de la Grande-Bretagne en fin d'année : deux porte-avions, avion tanker pour 500 millions d'euros à chaque fois.Un contrat chez AirbusC'est un joli coup commercial pour Thales. Airbus l'a retenu pour " un package important d'équipements d'avioniques " sur son futur long-courrier A350, a annoncé hier le PDG du groupe Denis Ranque.La valeur du contrat représente 2 milliards d'euros sur vingt ans. Selon le PDG, Thales a l'assurance de réalisersur l'A350 un chiffre d'affaires supérieur à celui dégagésur l'Airbus A330 de la génération précédente.

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