Pedro Solbes : " Je n'ai eu jusqu'ici aucun contact officiel avec Paris sur les projets d'EDF "

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En 2000, le gouvernement espagnol avait adopté une loi limitant à 3 % les droits de vote d'une entreprise publique étrangère dans toute entreprise espagnole spécialisée dans l'énergie, ce qui avait permis alors de freiner les projets d'EDF sur Hidrocantabrico. Cette législation vous semble-t-elle toujours d'actualité ?Elle est toujours en vigueur en tout cas, bien qu'elle ne revête pour le gouvernement qu'un caractère facultatif. Je suppose que vous me parlez de l'éventuelle entrée d'EDF ou d'une autre entreprise publique française sur le marché espagnol. Selon diverses informations, le président de la République française et le chef du gouvernement espagnol auraient échangé leur point de vue au sujet de l'intérêt d'EDF à l'égard du marché espagnol, ce qui est possible. Mais je n'ai eu jusqu'ici aucun contact officiel avec le gouvernement français à ce sujet. Si le cas se présente, nous l'étudierons. Il faut partir du principe que l'énergie est un secteur spécifique, qui suppose deux obligations particulières : la garantie de la plus grande efficacité possible pour le système d'une part, la défense des intérêts du consommateur de l'autre. Ce type d'opération dépend aussi d'une autre question : quel modèle énergétique voulons-nous établir en Europe, à moyen terme ? Je suis disposé à mettre mon chapeau d'Européen plutôt que mon chapeau d'Espagnol, mais à condition que l'Europe nous offre des garanties qu'elle ne nous donne pas actuellement dans le domaine de l'énergie, par exemple, en matière de libre circulation de produits ou de libre acquisition d'entreprises.Considérez-vous que la coexistence d'entreprises publiques et privées sur le marché européen de l'énergie crée des asymétries dans les possibilités de prise de contrôle ?Nous avons fait en Espagne un grand effort pour privatiser beaucoup de secteurs. Il peut paraître contradictoire que des entreprises publiques étrangères fassent irruption dans des secteurs que nous avons pris le soin de privatiser. Cela dit, j'ai conscience qu'il faut analyser ce type de problème dans le contexte général des relations bilatéralesentre la France et l'Espagne,qui sont aujourd'hui magnifiques. De tels dossiers peuventse traduire par des divergences d'intérêts entre nous mais pas par des conflits.

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