Citroën attaque l'inaccessible créneau du haut de gamme

 |  | 346 mots
Lecture 2 min.
Après l'échec de la Renault Vel Satis (8.361 unités produites en 2004) et le succès pour le moins modeste de la Peugeot 607 (18.076), Citroën effectue la troisième tentative française pour imposer une voiture tricolore dans l'inaccessible créneau du haut de gamme. Depuis hier, la firme aux chevrons fait essayer à la presse spécialisée sa toute nouvelle C6, qui sera commercialisée au compte-gouttes en décembre pour un vrai démarrage en janvier. Segment rentable. Citroën a prévu un potentiel de 20.000 à 25.000 unités annuelles sur son site breton de Rennes. L'investissement se monte à 600 millions d'euros, dont 380 millions pour l'industrialisation. La marque escompte 20.000 ventes en 2006, dont 6.000 en France, 5.900 en Allemagne et 1.700 en Grande-Bretagne.Une tâche difficile. En attendant des versions moins chères, la gamme C6 débute aujourd'hui à 41.900 euros et culmine à 54.600. C'est beaucoup. Une 607 démarre en effet à 31.100 euros et une Audi A6 à 33.710. Très longue, avec sa carrosserie inspirée de la CX de 1974, bourrée de technologie, la C6 aura d'autant plus de mal à se frayer un chemin que les clients Citroën à ce niveau de gamme n'existent plus, son aïeule, la XM, ayant terminé confidentiellement sa carrière il y a quelques années. Certes, il reste le gâteau des ministères et PDG des entreprises nationales, mais si ceux-ci se laissent séduire en France, ce sera au détriment des 607. Quant à la clientèle privée, à l'étranger, Citroën espère certes attirer des marginaux fortunés, mais ceux-ci ont plutôt tendance à se tourner vers des 4 x 4. La voie est donc étroite. La 607 n'arrive qu'au 23e rang parmi les modèles de haut de gamme les plus diffusés en Europe et la Vel Satis au 46e. Le marché hautement rentable du haut de gamme a régressé en 2005 (sur neuf mois) de 4,5 % en Europe de l'Ouest, à 1,31 million d'unités, avec un repli de 8,1 % en Allemagne à 449.660. Il a certes crû, dans le même temps de 6,14 % en France, mais le segment y est réduit (104.941 immatriculations).Alain-Gabriel Verdevoye

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :