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HISTOIRE Un silence assourdissant. On connaît l'accusation de Sartre en 1946 sur le traitement médiatique de l'extermination des Juifs : "Pas un mot, pas une ligne dans les quotidiens." Pour en savoir plus, le journaliste et historien Didier Epelbaum a épluché les grands quotidiens de l'immédiat après-guerre. Son constat : "Les informations filtrent mais personne ne fait l'effort de les regrouper, de les analyser." Pourtant, les journalistes étaient bien informés par de nombreuses dépêches de l'AFP révélant l'ampleur du génocide. Pourquoi cette occultation ? Les pouvoirs publics ont accrédité l'idée d'une volonté des nazis d'anéantir les "patriotes" français. D'où une représentation du déporté dominée par le résistant-héros, la non-reconnaissance de la spécificité des camps d'extermination et le faible écho aux témoignages des survivants. Didier Epelbaum poursuit sa réflexion par une comparaison stimulante avec les génocides khmers et surtout rwandais de 1994. "La couverture est inégale mais dans une perspective historique, elle est plus exacte qu'en 1945 ou en 1975", note l'auteur qui s'interroge au final sur les moyens fournis aux journalistes pour exercer leur "fonction civique de vigie". L. P. "Pas un mot, pas une ligne ?", de Didier Epelbaum. Stock, 360 p., 21,50 euros.DICTIONNAIREUn Who's Who académique. Après le Who's Who des personnalités françaises, voici le Who's Who des académiciens. Élaboré par Maurice Druon, ce dictionnaire retrace la vie des membres de l'illustre maison depuis sa création en 1635. Pour chacun des académiciens, on trouve son parcours professionnel, ses livres publiés ou oeuvres réalisées ainsi que ses distinctions, son portrait en photographie ou en gravure. F. D."Les Immortels", Who's Who. Éditions Jacques Lafitte. 879 p., 490 euros.

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