Pékin se fâche contre Washington

En entamant sa première visite en Chine, en novembre dernier, Barack Obama avait prévenu : la « Chine et les États-Unis n'ont pas à être des adversaires ». Optimiste, le président américain expliquait que des bonnes relations bilatérales pourraient apporter la « prospérité et la paix dans le monde ». Depuis, les frictions entre les deux grandes puissances n'ont cessé de se multiplier, et la tension est encore montée d'un cran ce week-end avec l'annonce par l'administration américaine au Congrès du projet d'une vente d'armes (hélicoptères et missiles antimissiles notamment) à Taiwan pour un montant de 6,4 milliards de dollars. La nouvelle a immédiatement provoqué la fureur du gouvernement communiste, déclenchant la pire crise sino-américaine depuis l'entrée en fonction de Barack Obama. Les États-Unis « portent atteinte à la sécurité nationale de la Chine et à ses efforts de réunification pacifique », a déploré, dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi. En guise de représailles, la Chine a suspendu ses échanges militaires avec les États-Unis et promis des sanctions contre les sociétés impliquées dans ce contrat. provocationIl ne s'agit certes pas de la première fois que le gouvernement américain vend des armes à Taiwan ? un rapport du Congrès américain publié en décembre 2009 recense 80 ventes d'armes à Taiwan par les États-Unis depuis 1990, toutes approuvées par la Maison-Blanche et notifiées au Congrès, pour un montant total de 32,5 milliards de dollars ? mais la réaction de Pékin prouve l'hypersensibilité du sujet. D'autant qu'aux yeux des Chinois, Washington a joué la provocation en ignorant les protestations répétées de Pékin à ce contrat. « Un tel geste va gravement à l'encontre des trois communiqués conjoints entre la Chine et les États-Unis, notamment celui du 17 août, signé en 1982 », a souligné le chef de la diplomatie chinoise, qui a invité les États-Unis « à révoquer immédiatement la décision erronée de vendre des armes à Taiwan ». Si Pékin met ses menaces de représailles à exécution, le boycott envisagé pourrait affecter les intérêts de plusieurs entreprises, dont Sikorsky Aircraft, filiale de United Technologies et constructeur de l'hélicoptère Black Hawk, Lockheed, qui produit les missiles Patriot, Raytheon ou encore Boeing. Surtout, ce nouvel accès de tension vient s'ajouter à une liste déjà longue de contentieux entre les deux pays (droits de l'homme, changes, Internet, Tibet, climat...). Récemment, la secrétaire d'État, Hillary Clinton, s'en est prise à Pékin dans un discours sur les atteintes à la liberté d'expression en ligne. Quelques jours plus tôt, Google avait menacé de quitter la Chine en raison de la censure et de cyberattaques. Pour les responsables chinois, à la tête de la troisième économie mondiale et de 2.400 milliards de dollars de réserves de change, dont une large part investie en billets verts, le moment est venu pour la Chine de montrer ses muscles. ?la Chine a suspendu ses échanges militaires avec les États-Unis et promis des sanctions contre les sociétés impliquées dans ce contrat. Les États-Unis « portent atteinte à la sécurité nationale de la Chine et à ses efforts de réunification pacifique », a déploré, le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiech

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