Facebook, Zynga... La bulle Internet est-elle en train d'éclater, comme en 2000 ?

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Le calendrier a des hasards étranges. C\'est au moment où une nouvelle bulle Internet semble peut-être en passe d\'éclater que celui qui avait prédit l\'explosion de celle de 2000 tire sa révérence. Barton Biggs, le célèbre stratège de Morgan Stanley, est décédé mi-juillet, à l\'âge de 79 ans. A quelques jours près, Biggs n\'aura pas assisté à la folle semaine du 23 au 27 juillet, qui a vu les cours de Bourse de grands noms de l\'Internet américain s\'effondrer, dans une sorte de « remake » de mars 2000. Vendredi 27 juillet, l\'action Facebook est tombée à 22,28 dollars, son plus bas niveau depuis l\'introduction en Bourse du réseau social, le 17 mai dernier. En deux mois et demi seulement, la capitalisation boursière de Facebook a été ramenée de 104 milliards à 55 milliards de dollars !Dans cette descente aux enfers, le groupe de Mark Zuckerberg a été précédé par une autre star de l\'Internet, Zynga : le 26 juillet, l\'éditeur de FarmVille et autres jeux sur réseaux sociaux s\'est effondré de près de 40% à Wall Street. Conséquence, l\'action Zynga ne vaut plus que trois dollars, soit trois fois moins que lors de son introduction en Bourse, en décembre 2011. Deux autres IPO (initial public offering) qui avaient déchaîné les passions, celles de Groupon et de Pandora, se soldent, elles aussi, par de véritables échecs. Introduit en Bourse en novembre au prix de 20 dollars l\'action, le site d\'achats groupés vaut aujourd\'hui près de trois fois moins. Quant à la radio sur Internet, qui avait fait ses débuts à Wall Street en juin 2011, son titre a chuté de 40% depuis, à moins de 10 dollars aujourd\'hui.Des attentes trop élevées en matière de bénéficesSi les investisseurs battent froid aux valeurs Internet, c\'est parce qu\'ils réalisent (enfin) que nombre d\'entre elles ne pourront tenir leurs extraordinaires objectifs de croissance. Au deuxième trimestre, le chiffre d\'affaires de Facebook a certes grimpé de 32%, mais cette performance est bien en deçà de celle des trois premiers mois de l\'année (+45%). Et c\'est ce que les investisseurs ont sanctionné. Avec d\'autant plus de force que le réseau social a refusé de donner des objectifs financiers pour l\'ensemble de l\'exercice 2012. Des prévisions annuelles, Zynga en a fourni, mais pour avertir qu\'il lui serait impossible d\'atteindre ses ambitions initiales. C\'est que négocier le virage du mobile, et, plus précisément, la monétisation de l\'audience sur les smartphones et les tablettes, n\'est guère aisé pour les réseaux sociaux.Dans ces conditions, les valorisations astronomiques des vedettes de l\'Internet, qui étaient basées sur des perspectives de croissance exponentielle, deviennent difficiles à justifier. Aujourd\'hui encore, l\'action Facebook vaut 47 fois le bénéfice par action estimé pour 2012, selon Bloomberg ! Pis, Zynga se paie 51 fois ses bénéfices. Et Groupon affiche un très confortable ratio cours sur bénéfice par action de 40... A titre de comparaison, le Nasdaq se traite sur la base d\'un multiple de 16, ce qui est déjà élevé. « Il y a une bulle sur les réseaux sociaux », martèle Ian Maude, du cabinet de recherches Enders Analysis.32% seulement des gérants surpondèrent la high-tech Plus globalement, dans le contexte actuel de crise économique et financière, difficile d\'imaginer que les bénéfices des sociétés cotées sur le Nasdaq - l\'indice des valeurs technologiques américaines - bondiront encore de 44% d\'ici à la fin 2013, comme le prédisent encore les analystes financiers sondés par l\'agence Bloomberg. Surtout, après avoir déjà grimpé de 61% depuis 2008. La semaine dernière, les résultats trimestriels d\'Apple n\'ont-ils pas déçu les analystes, pour la première fois depuis plusieurs années ?« La bulle des valeurs technos ne serait-elle pas en train d\'éclater ? », s\'interroge d\'ailleurs Bank of America Merrill Lynch, dans son sondage mensuel réalisé auprès de gérants de fonds dans le monde entier. La banque constate en effet que 32% seulement des gérants interrogés en juillet surpondèrent leurs portefeuilles en valeurs technologiques, contre 41% en juin. La proportion tombe même à 22% pour les seuls gérants de fonds américains, soit deux fois moins que le mois précédent. « Le signe d\'une possible explosion des valeurs technos, qui figuraient depuis trois ans parmi les favorites des investisseurs », insiste Bank of America Merrill Lynch.

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