Pourquoi la Suisse ? ?

Sale temps pour la Suisse. La Confédération helvétique est évidemment la place bancaire qui a le plus à perdre dans l'offensive lancée par le G20 contre les paradis fiscaux. Les banques suisses occupent une position dominante dans la gestion de fortune. Elles gèrent 27 % des 7.300 milliards de dollars d'actifs détenus offshore par des particuliers, selon Boston Consulting Group. D'un simple point de vue statistique, la Suisse a donc davantage de chances de se retrouver prise dans une affaire d'évasion ou de fraude fiscale que d'autres paradis fiscaux. On ne prête qu'aux riches?: la Suisse abrite de nombreuses fortunes, mais concentre la quasi-totalité des attaques. Après l'accord signé avec les États-Unis contraignant UBS à transmettre au fisc les noms de 4.450 contribuables américains disposant de comptes non déclarés, voilà que la France agite une liste de 3.000 contribuables français. Cela commence à faire beaucoup pour Berne, qui s'est empressé d'expliquer que cette liste n'avait aucun lien avec l'accord d'échange d'informations récemment signé avec Paris.La Suisse souligne, à juste titre d'ailleurs, qu'elle n'a pas le monopole de l'opacité. Les îles Anglo-Normandes (Jersey, Guernesey, île de Man?) assurent 24 % de la gestion de fortune offshore. « Les plus grandes plaques tournantes d'évasion sont les îles Anglo-Normandes », accusait récemment Pierre Mirabaud, le président de l'Association suisse des banquiers. Il souligne que les trusts « permettent un anonymat complet » aussi efficace que le secret bancaire. Pourtant, aucune des îles Anglo-Normandes ne figure sur la liste grise de l'OCDE des territoires non coopératifs. X. H.

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