Quelle compagnie aérienne française gagnera de l'argent en 2013 ?

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Pour la sa sixième année de pertes consécutives, Air France sera une nouvelle fois dans le rouge. Prévu cette année initialement, le retour à l\'équilibre a en effet été repoussé à 2014. Si le long-courrier est rentable, les activités moyen-courrier et cargo souffrent énormément. La direction va détailler ce jeudi les mesures de restructuration supplémentaires qui vont entraîner un sureffectif de 2800 personnes, lequel sera réglé par un plan de départs volontaires. Hop, la nouvelle compagnie du groupe qui regroupe les filiales régionales Régional, Britair et Airlinair, table sur une perte d\'exploitation de 30 millions d\'euros en 2013 a indiqué récemment à l\'AFP son PDG Lionel Guérin. Il prévoit ensuite de « diviser par deux cette perte en 2014 pour un retour à l\'équilibre en 2015. Quant à Transavia, la filiale à bas coûts d\'Air France, elle n\'a pas souhaité donner d\'indications sur ses résultats. Légèrement bénéficiaire en 2012, la compagnie rappelle que la communication financière se fait au niveau d\'Air France-KLM. Rendez-vous donc en fin d\'année pour mesurer la performance de cette compagnie amenée à jouer un rôle majeur dans la stratégie du groupe. Corsair : réduction des pertesAccusant des lourdes pertes depuis des années Corsair a été une nouvelle fois dans le rouge à l\'issue de son exercice fiscal 2012-2013 qui s\'est achevé le 30 septembre. « Le niveau de pertes a fortement diminué. Nous avons fait une très bonne année », explique à La Tribune le PDG de la compagnie Pascal de Izaguirre. Et d\'ajouter : «L\'année a été excellente sur le plan commercial et nos coûts ont baissé. Nous sommes en ligne pour un retour à l\'équilibre l\'an prochain ». Le transporteur réalise cette performance avec un chiffre d\'affaires en stagnation (autour de 500 millions d\'euros), en raison d\'une baisse de capacité. Cette contraction de l\'offre a permis d\'augmenter à la fois le remplissage des avions et le prix moyen des billets. « Le coefficient d\'occupation a augmenté de 11 points par rapport à l\'année précédente pour atteindre le niveau record de 85% », explique Pascal de Izaguirre. Pour ce dernier, le défi de l\'année 2014 sera de continuer à maîtriser les coûts, tout en continuant à augmenter le prix moyen coupon et le taux de remplissage. Air Med sauvée par sa filiale grecqueLa compagnie qui s\'était retrouvée sous les feux des projecteurs il y a deux ans en créant une filiale grecque, Hermes, recommence à dégager des bénéfices grâce justement à sa compagnie grecque. Celle-ci est « très largement bénéficiaire », explique le PDG d\'Air Méditerranée Antoine Ferretti quand Air Med est, elle, « légèrement déficitaire ». « Au cumul, les résultats devraient être positifs », estime Antoine Ferretti pour qui « Hermes a sauvé Air Med ». La compagnie grecque, deuxième opérateur grec derrière Aegean, compte 6 avions, quasiment deux fois plus qu\'Air Med (5 avions). Une compagnie du Moyen-Orient a même proposé de racheter Hermes.  Air Caraïbes, vers des profits recordIl semble loin le trou d\'air traversé en 2011, quand la compagnie du groupe Dubreuil avait plongé dans le rouge. Après un retour aux bénéfices en 2012-2013 (avec un résultat net de 7,9 millions d\'euros), Air Caraïbes, dont l\'exercice fiscal 2013-2014 s\'achèvera le 31 mars prochain, nourrit l\'objectif  d\'améliorer ses résultats cette année a indiqué à La Tribune, Marc Rochet, le président du directoire de la compagnie. Air Caraïbes est la grande gagnante du durcissement de la concurrence entre la métropole et les Antilles françaises. Air Austral remonte la penteLa compagnie de la Réunion remonte la pente. Après avoir essuyé une perte nette de 86 millions d\'euros en 2011-2012, la compagnie est en train de récolter les fruits de sa restructuration (laquelle s\'était accompagnée d\'une recapitalisation) : fermetures des lignes déficitaires, cessions d\'actifs pour désendetter l\'entreprise, restructuration de la dette, du réseau (fermeture des vols au départ de la province). «Nous maintenons notre objectif d\'un retour à l\'équilibre à l\'issue de notre exercice fiscal 2013-2014, qui s\'achèvera fin mars », indique à La Tribune Marie-Joseph Malé, le président du directoire d\'Air Austral. Ce dernier prépare le coup d\'après, celui du développement. Marie-Joseph Malé le voit vers l\'Inde, le Moyen-Orient et l\'Afrique, notamment dans toute la zone de l\'Océan Indien. Air Austral vient d\'ailleurs de créer une filiale à Mayotte (EWA Air) en partenariat avec la CCI et des capitaux locaux. Celle-ci débutera ses opérations en novembre. Europe Airpost, des bénéfices non sans malL\'ex Aerospostale résiste et devrait parvenir à rester une nouvelle fois bénéficiaire cette année. Toujours en charge du transport du courrier, transportant par ailleurs du cargo et des passagers via son activité charter, Europe Airpost pense « être dans le vert cette année », déclare son PDG Jean-François Dominiak.  Ce ne sera pas sans difficulté. La compagnie est parvenue à stabiliser le trou d\'air enregistré l\'an dernier dans l\'activité passagers  où le nombre d\'heures de vols s\'était effondré passant de 23.000 heures en 2011 à 16.000 heures en 2012. Dans le même temps, l\'activité fret stagne. « Nous sommes fortement concurrencés par les compagnies des pays étrangères. Les prix unitaires s\'écroulent, y compris dans le cargo. En deux ans, le prix à l\'heure de vols à chuté de 20% », explique Jean-François Dominiak. Au final l\'activité moindre et la pression sur les prix font reculer légèrement le chiffre d\'affaires « et baisser la marge de moiti頻. Du coup, la baisse des coûts sera au cœur du plan stratégique pour les trois prochaines années, en cours de finalisation. XL Airways discret, Aigle Azur muetFaisant partie des rares compagnies bénéficiaires ces dernières années, XL Airways entretient un flou sur les résultats. Interrogé lors du salon du tourisme IFTM Top Résa, Laurent Magnin, le PDG de la compagnie aérienne a simplement déclaré : «nos comptes seront en ligne avec nos prévisions », a-t-il simplement répondu en rappelant qu\'XL Airways avait ouvert six nouvelles lignes en 2013. Sauf cas extraordinaire, les ouvertures de ligne, en particulier sur les vols long-courriers, ont du mal à atteindre la rentabilité la première année, quelle que soit la compagnie. Contactée, Aigle Azur n\'a pas souhaité faire de commentaires. Demande d\'un gel des redevances aéroportuaires Face à autant de difficultés, les compagnies aériennes dénoncent non seulement la concurrence de compagnies étrangères présentes sur le sol français, qui disposent d\'un coût du travail inférieur à celui en vigueur en France, mais aussi le poids des taxes et des redevances aéroportuaires. Celles d\'Aéroports de Paris en particulier. Récemment, le Scara, un syndicat professionnel de compagnies aériennes françaises (Air France n\'en fait pas partie) a déploré la hausse des redevances du gestionnaire des aéroports parisiens. « Les résultats financiers d\'Aéroports de Paris, obtenus grâce à une augmentation continue des redevances aéroportuaires, confirment une politique actionnariale de l\'Etat, menée aux dépens des compagnies aériennes », a déclaré le Scara dans un communiqué.  Et d\'ajouter : cette « politique met en péril les emplois des compagnies françaises ». Le Scara demande un gel des redevances. Début septembre, les administrateurs salariés avaient fait la même demande.   

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