Pays-Bas : les riches priés de mettre la main à la poche

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Afin de réduire de 16 milliards d’euros les dépenses publiques, les libéraux et les travaillistes néerlandais ont pris des mesures qui vont pénaliser tous les ménages. La durée de l’indemnisation du chômage, notamment, va être ramenée de 38 à 24 mois. Les chômeurs ne toucheront encore 70% de leur salaire que pendant un an, puis le Smic seulement. Les livres scolaires ne seront plus gratuits et les loyers des logements sociaux, une forme d’habitat répandue aux Pays-Bas, seront ajustés aux revenus et vont devenir nettement plus chers pour ceux qui touchent plus de 33.000 euros annuels. Bonus des banquiers plafonnésLes plus riches sont aussi visés. A commencer par les banquiers, dont les bonus seront désormais plafonnés à 20% de leur salaire fixe annuel. Les directeurs de sociétés, quant à eux, ne pourront plus négocier de parachutes dorés excédant 75.000 euros. Le gel des salaires a par ailleurs été décidé dans le secteur de la santé, pour limiter les dérapages observés ces dernières années au sommet de la hiérarchie, notamment chez les médecins spécialistes et les directeurs d’hôpitaux. Les riches paieront plus pour leur santéLes remboursements de l’assurance maladie seront désormais calculés en fonction du niveau de revenu. Les plus nantis devront payer plus pour leurs frais de santé. De même, les primes de départ à la retraite ne seront plus déductibles des impôts pour les revenus supérieurs à 100.000 euros annuels. Enfin, la fameuse déductibilité fiscale des taux d’intérêts sur les emprunts immobiliers va baisser de 0,5% par an pour les plus hauts revenus. Toutes ces mesures vont se traduire par une perte de pouvoir d’achat de 0,6% pour les revenus supérieurs à 100.000 euros. Baisse du taux supérieur d\'impositionHistoire de mieux faire passer la pilule, le nouveau gouvernement a décidé de ramener de 52% à 49% le taux d’imposition pour les revenus les plus élevés. Mais l’accord de coalition n’a pas suscité de cris d’orfraie, en dehors du populiste de droite Geert Wilders. L’effort paraît « équitablement réparti » à Jaap Smit, le président de la Fédération des syndicats chrétiens (CNV), comme à Bernard Wientjes, le patron des patron, bien qu’il s’attende à un « effet économique négatif » des mesures prises dans le secteur de la santé. Selon les calculs du Bureau central de planification (CPB), une agence gouvernementale, l’accord de coalition va se solder par une relance de la croissance, à hauteur de 1,25% par an jusqu’en 2017, mais aussi par une poussée du chômage, qui devrait atteindre 5,75% d’ici 2017.Baisse de l\'aide au développementParmi les mesures annoncées, on note aussi l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques, l’abandon de la carte d’accès aux coffee shops réservée aux résidents néerlandais et la suppression d’une amende de 3.000 euros par année de retard pour les étudiants trop lents à décrocher leur diplôme. Par ailleurs, l’aide publique au développement va baisser de 1 milliard d’euros et passer sous la barre de 0,7% du PIB (contre 0,8% en 2010), privant les Pays-Bas de leur statut de bailleur de fonds exemplaire.  

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