Volcker veut « euthanasier » les banques à risque

Paul Volcker ne cède pas. En dépit des critiques de Wall Street contre ses propositions visant à réduire les risques pris par les banques commerciales, l'ancien président de la Réserve fédérale a appelé le Congrès à limiter leur champ d'activité. Dans un discours qu'il devait prononcer mardi soir au Sénat, ce conseiller économique de Barack Obama a défendu avec vigueur la « règle de Volcker », appellation englobant ses propositions présentées voilà deux semaines : priver les établissements réalisant du trading pour compte propre des principales protections fédérales en cas de difficulté, et limiter les liens des banques commerciales avec les hedge funds et le capital-investissement.En vertu de son plan, « directions, actionnaires et employés seraient associés aux risques », pris par les hedge funds et les fonds de capital-investissement. Volcker a insisté sur le fait que les banques commerciales conserveraient une « large palette » d'activités profitables. Souhaitant en finir avec le « trop grand pour sombrer », il engage les élus à autoriser le gouvernement à prendre le contrôle des établissements en danger grâce à un mécanisme s'apparentant à une « euthanasie, pas à un sauvetage ».Ces propositions suscitent la colère des banques. Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan Chase a déjeuné avec Obama, rencontré le président de la Fed et le secrétaire au Trésor. Les banques commerciales craignent que des établissements comme Goldman Sachs renoncent à leur statut de holding bancaire et s'accaparent des parts de marché sur les métiers lucratifs dont elles devraient sortir. Wall Street argue aussi que dans la plupart des cas, le trading pour compte propre ne sert qu'à diminuer le risque d'opérations réalisées pour des clients. et que l'exposition des banques aux hedge funds et au « prop trading » n'est pas responsable de la crise. « Faux », répondent les partisans de Volcker, rappelant les risques pris par Lehman Brothers et le fait que la quasi-faillite de Bear Stearns a été précédée par la chute de deux de ses hedge funds.Eric Chalmet, à New York

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