La croissance externe, nouveau moteur des augmentations de capital

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ourseLes temps changent. Il y a encore quelques mois, dans un contexte d'assèchement du marché du crédit, les entreprises n'avaient pas pléthore de solutions pour se refinancer. Outre le marché obligataire pour les groupes les mieux notés, il y avait aussi les augmentations de capital. Mais dans un marché déserté par les investisseurs, ces opérations se faisaient souvent dans des conditions particulièrement difficiles pour les intéressés. Décotes et droits préférentiels de souscription (DPS) étaient de mise pour assurer la réussite des levées de fonds.Les affres de la crise désormais dissipées, les augmentations de capital se poursuivent mais suivant une autre logique : il s'agit désormais de financer des acquisitions. Quelle qu'elles soient. Dernier exemple en date, celui de Vranken Pommery, qui a annoncé une augmentation de capital pour financer l'acquisition des vins Listel (lire encadré). Une semaine plus tôt, c'est Orolia qui lançait la même opération à hauteur de 5,9 millions d'euros pour finaliser l'acquisition de McMurdo. vendeurs acculésMais ce genre d'opération n'est pas l'apanage des petites et moyennes entreprises. L'augmentation de capital de 2 milliards d'euros lancée par Axa il y a moins d'un mois pour racheter ses minoritaires en Asie peut aussi entrer dans ce cadre. Et la crise financière a créé de nombreuses opportunités en matière de fusions-acquisitions susceptibles de multiplier l'an prochain les levées de fonds sur le marché. Car, bien entendu, les vendeurs acculés sont surtout à la recherche de liquidités. « 2010 sera surtout marquée par le retour en nombre plus important des augmentations de capital destinées à financer de la croissance. Certains secteurs devraient se distinguer, à commencer par l'assurance. Ainsi, de nombreux actifs assurance sont en vente tels que ceux d'AIG, RBS, ING entre autres, et les grands acteurs du secteur devraient financer ces acquisitions via des augmentations de capital », souligne Laurent Morel, responsable marché primaire actions à la Société Généralecute; Générale. Déjà particulièrement actifs cette année, à l'image d'Enel de Gas Natural, les « utilities » devraient le rester l'an prochain à la faveur de la consolidation continue du secteur et des échanges d'actifs qu'elle engendre.Pour autant, toutes les augmentations de capital qui interviendront en 2010 ne sont pas forcément promises à financer des opérations de croissance externe. « Certains secteurs à l'image de l'immobilier, des constructeurs automobiles et des banques vont être amenés à lever des fonds sur le marché pour renforcer leur bilan », précise Laurent Morel. À titre d'exemple, ce dernier s'attend à ce que 50 milliards d'euros d'augmentations de capital soient réalisées l'an prochain par les banques européennes.

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